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7.7 Région Tanger-Tétouan
Mustapha BENSALEM


Notre projet concerne l’environnement et l’amélioration des conditions de vie dans le monde rural. Il s’agit d’un projet de Parc régional naturel qui, selon nous, correspond aux critères du programme MéRITE. Le concept de Parc naturel, est une première expérience résultant d’une convention de partenariat avec la région française PACA (Provence - Alpes - Côte d'Azur) et représente un véritable projet pilote. Il s’agit de la première expérience de ce genre au Maroc. Nous tentons d’adapter le système juridique marocain à ce type de projet qui s’inscrit dans le cadre du développement régional. Le projet correspond à la réalisation du Parc Régional Naturel de Bouhachem, figurant dans le plan régional de développement économique et social lancé par la région. La gestion des divers “Sites d’Intérêt Biologique et Ecologique” (SIBE) permettra une meilleure protection de certaines zones naturelles sensibles.

Le bureau du Nord s’occupera du développement économique régional. Le projet Bouhachem et les autres projets en cours, en particulier le projet MEDA à Chechauem, ont pour objectif de dynamiser le monde rural. La région de Bouhachem, concernée par le projet, se situe au centre du Site d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) de priorité n.1. Cette région est restée isolée pendant longtemps.

Le projet touche six communes rurales situées autour du Massif de Bouhachem et s’étend sur un périmètre donné, calculé selon les critères des parcs naturels régionaux français. Le projet allie deux approches différentes. Une première approche concerne la cohésion géographique puisqu’il s’agit d’une vision territoriale fondée sur des critères physiques et bio-géographiques. Par ailleurs, le bassin versant représente une unité de gestion efficace. Une deuxième approche, quant à elle, a trait à la cohésion socio-économique et se fonde sur les relations entre les différents Douars (agglomérations, bourgs).

Dans le cadre du projet MéRITE, notre objectif est de conserver et de développer les richesses naturelles et culturelles d’un territoire donné, appartenant à la région Tanger-Tétouan. Ce projet s’inspire de l’accord de partenariat entre la région PACA (Provence - Alpes - Côte d'Azur)et la région Tanger-Tétouan. Nous nous sommes inspirés de l’expérience française pour développer ultérieurement l’espace rural, déjà très présent dans notre région. A l’aide d’une carte géographique j’aimerais vous présenter l’aspect de cette région, en me concentrant sur le Parc. La partie que vous voyez en jaune représente la région Tanger-Tétouan et se situe au Nord du Maroc. Le centre de la région représenté en rouge correspond au territoire composé de cinq provinces, formant le cœur du projet du Parc régional de Bouhachem. Ce que nous appelons “province” corrrespond à votre “département” selon le système juridique français. Les provinces concernées par le projet sont les suivantes: Chechauel, Tetouan et Arache.

Sur une vue aérienne du territoire concerné, vous pouvez voir le cœur de la région où se trouve la montagne Bouhachem.

La diapositive suivante représente un Saint, symbole culturel de la région unissant toutes les composantes de ce territoire. Chaque année les communes organisent un pèlerinage au “Moule”. Sur une autre diapositive, vous pouvez voir la province de Chauel.

Il est important de préciser que la région comprend différents Sites d’Intéret Biologique et Ecologique (SIBE). On y trouve des SIBE de priorité n.1, 2 et 3 ainsi qu’un parc national.

Voici les six communes présentes sur le territoire: BinLeid, Aloued, Dardara, Lardir, Tanahob et Tasrot.

Jusqu’à présent nous avons vu une première approche qui mettait en lumière la cohésion géographique. Voyons maintenant la cohésion socio-économique. Cette dernière se fonde sur des fractions sociales symboles d’unité déterminantl’appartenance à un groupe identitaire donné.

Nous avons ici un exemple de cohésion géographique. Le Bouar constitue le centre de divergences hydrographiques de la région. La subdivision par bassins, démontre l’existence de cinq régions appartenant en majorité aux six communes concernées par le projet de préfiguration: la partie Nord de la commune de Tasrot ainsi que la partie Est de la commune d’ Alouette.

La population concernée représente 41.000 habitants pour une superficie de 76.150 hectares englobant 16 Douars. Le Douar est


Oued et tourbière de Bouhachem


Chêne liège


Le Milan Royal (Milvus milvus)


une structure sociale unitaire, en d’autres termes, un bourg, une agglomération.

Voici un exemple du patrimoine naturel, riche en faune et en flore.

Les régions boisées représentent 44% du territoire, comptant différentes espèces de chênes, des terrains de reboisement et des domaines de chasse.

Voici des fotographies montrant des chênes, des dépôts de oued-tourbières de Bouhachem, des pins maritimes et d’autres chênes encore.

L’augmentation globale de la population a entraîné un amoindrissement des ressources naturelles. Un premier schéma illustre l’évolution de l’augmentation globale de la population. Un deuxième schéma met en relief l’agriculture comprenant 33,3% de terres en friche. Un tel pourcentage est dû d’une part à l’abandon de ces terres et d’autre part à une structure géographique très complexe marquée par une faible irrigation. Les bois constituent 44% du territoire.

La faune comprend 32 espèces de mammifères dont 11 espèces endémiques rares ou menacées: le magot, la noctule, la loutre, la mangouste, le macaque (macaca silvanus) et le chat ganté ou serval (felis silvestri litica). On recense également 81 espèces d’oiseaux dont 32 sont endémiques, rares ou menacées: le milouin royal, l’aigle impérial, le faucon pèlerin, la chouette, etc…

Le Palais Reisuni, fleuron de notre patrimoine culturel possédant une richesse achitecturale unique, figure en tête de liste des monuments à valoriser.

Les populations arabophones se caractérisent par leur habillement, leurs coiffures (la djellaba, la chéchia, la coursiat), leurs particularités linguistiques, leurs propres habilités et leurs pratiques agricoles.

Zaouia

Chaque année nous assistons à des célébrations et à un pèlerinage au “Moule”. Les participants sont issus de toutes les communes et fractions sociales des S.I.B.E (Site d’Intérêt Biologique et Ecologique) figurant sur le territoire.

Sur le plan de l’urbanisme, nous possédons le fastueux Palais de La Zaouila qui se situe dans la commune de Tasrot. Dans cette même commune il y a également une Mosquée datant du XVIe s. ainsi qu’un patrimoine architectural bien précis.

Qu’espérons-nous obtenir de ce projet? Le parc régional représente pour nous un instrument pouvant répondre aux besoins urgents de la population du territoire concerné en termes d’ équipements de base. Ceci est dû au fait que cette région esttopographiquement marquée par des pentes raides qui, accompagnées de fortes pluies entraînent la formation de oued qui s’étendent sur toute la superficie du parc pendant l’hiver. Tout cela implique l’isolement de cette région durant les mois d’hiver. En temps normal, l’accès aux douars se fait par routes dont la gestion et l’exploitation est sous responsabilité du village, de la commune ou des Eaux et Forêts. Une mauvaise administration de la part de celles-ci entraîne un non respectdes conditions optimales d’écoulement des eaux. L’absence d’équipements adaptés de la part des Ponts et Chaussées provoque une érosion importante qui rend ces chemins difficilement praticables par temps de pluie tant à pieds qu’à bord de véhicules tout terrain (quatre-quatre). Ainsi, 42% des douars de la région subissent un isolement saisonier. Force est de préciser que la plupart des douars sont situés sur des chemins de terre, à plus de deux heures de marche de la première route goudronnée.


Etant donnél’isolement de la région, les douars restent inaccessibles durant une grande partie de l’année. Les diapositives montrent clairement différents aspects de cette région: les douars en partie isolés pendant l’hiver, les douars accessibles toute l’année, les routes goudronnées, les chemins revêtusaccessiblesaux voitures, les pistes partiellement revêtues difficilement accessibles aux voitures, les chemins dont l’accès est limité aux véhicules tout terrain.

L’accès aux structures publiques est extrêmement limité. L’isolement est corrélatif à un manque d’infrastructures publiques dans toute la région. Le gouvernement a fait un gros effort pour essayer d’améliorer l’accès à l’instruction en milieu rural. 20% des douars uniquement possèdent une école, dont les 2/3 ont été construites après 1994.

Néanmoins, à cause du manque de pistes sûres, plus d’un tiers des douars a un accès limité aux structures scolaires et 17 douars n’ont toujours pas d’école avec une population qui compte un taux d’analphabétisme supérieur à 60%chez les hommes et 80% chez les femmes. Tout cela freine fortement le développement.

Maison rurale

Le territoire de Bohachem dispose de six dispensaires mais cela ne suffit pas pour subvenir aux besoins de la population. En termes de pourcentages, 59% des douars se trouvent à plus de deux heures de marche d’un centre sanitaire. A peine un douar sur deux (de ces 59%) réussit àaccéder à ces centre sanitaires pendant l’hiver. Le problème s’accentue quand les femmes sont sur le point d’accoucher. En résumé, on peut dire que l’accès permanent aux dispensaires ne concerne que 11% des douars, l’accès aux dispensaires situés à plus de deux heures de marches concerne 59% des douars et enfin l’accès limité aux dispensaires durant l’hiver concerne 30 % des douars.

Notre objectif est de présenter et développer notre projet dans le cadre d’une coopération décentralisée comme peut l’être le projet MéRITE. Ce territoire, riche de ressources naturelles et culturelles pourrait jouer un rôle moteur décisif dans le développement et l’amélioration des conditions de vie de la population résidente ainsi que de l’ensemble de la région. A ce propos, nous avons adopté une procédure participative en contact direct avec la population et la société civile. Nous présentons ce projet dans le cadre du programme MéRITE, tirant profit d’ autres expériences bien réussies.

Nous avons fait le choix de ce territoire car il s’agit d’une région qui a besoin d’être protégée et développée. Le parc représente pour nous un instrument fondamental pour faire face aux graves problèmes présents sur le territoire. Tous les acteurs locaux se sentent engagés dans la gestion du parc.Nous sommes actuellement en train de constituer un organisme permettant à tous les acteurs de participer à la gestion du territoire: habitants, socioprofessionnels, entrepreneurs, politiciens, etc…

En ce qui concerne la gestion du parc, des contacts ont déjà été pris avec des entrepreneurs pour gérer au mieux le patrimoine culturel et naturel. L’objectif est de développer le tourisme et d’inciter la population à s’organiser en petites et moyennes entreprises afin d’accueillir les visiteurs et d’organiser des circuits touristiques. En tant qu’institution politique, ce dernier aspect nous tient particulièrement à coeur et nous plaçons tous nos espoirs dans le projet MéRITE. L’autre aspect qui est nous est cher et qui, en réalité découle du premier, concerne l’amélioration des conditions de vie de la population.


Artisanat

Le folklor

Douars

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