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7.6 Région Languedoc-Roussillon
La Lozère
Lucienne DEL’FURIA

Le Languedoc-Roussillon est une région dont la superficie représente environ 27.500 km carrés. Il s'agit d'une région encore très agricole qui présente un important déséquilibre en matière d'aménagement du territoire.

La ville de Montpellier possède une très forte densité de population, contrairement au reste du territoire. Nous sommes en présence d’un patrimoine rural très intéressant qui est en état d'abandon.Notre objectif est de réussir à développer ce patrimoine rural et de "l'irriguer au niveau touristique." Tous nos efforts vont dans ce sens tant au niveau régional que dans l'ensemble des collectivités territoriales. Il y a en réalité une très forte prédominance du tourisme sur le littoral, alors que les Préalpes et les zones de montagne se trouvent en état d'abandon. Ces dernières sont marquées par d’ importants problèmes agricoles et économiques. Nous sommes donc particulièrement heureux de participer à ce programme et nous avons l’espoir, ou mieux, la profonde certitude que nous allons nous enrichir de ces expériences. Nous espérons aussi pouvoir aider les autres à trouver des solutions afin de résoudre leurs problèmes. Il s’agit d’une région administrative française constituée des départements de l'Aude, du Gard, de l'Hérault, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales. Sa superficie est de 27 570 km², sa population de 2 294 460 habitants [1999]. Sa capitale est Montpellier (également chef-lieu de l'Hérault). Les chefs-lieux de départements sont Carcassonne (Aude), Mende (Lozère), Nîmes (Gard) et Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Relief

La région se caractérise par une très grande variété de relief.

Le département des Pyrénées Orientales, où se développe le massif pyrénéen, est le seul de la région à posséder un littoral rocheux et découpé le long de la Côte dite Vermeille.

En effet à l’arrière d’un cordon littoral les lagunes, omniprésentes, jalonnent les basses terres qui entrent au contact du golfe du Lion par une côte basse et rectiligne. Ces basses terres sont formées par un ensemble discontinu de plaines côtières où se développe les zones maraîchères, les grandes cultures, les vignes et les oliviers .

Nous nous arrêterons plus particulièrement sur la Lozère, zone d’expérimentation choisie, par la suite.

Population

Zone de «marasme» démographique marquée avant-guerre par l'émigration, le Languedoc-Roussillon est devenu une terre d'immigration, surtout à partir des années 1960. Depuis l'arrivée des rapatriés d'Algérie, le mouvement n'a cessé de s'amplifier. Après la Provence-Alpes-Côte d'Azur, c'est la région française qui a connu le plus fort taux de croissance de 1962 à 1999. Ainsi, au cours des années 1980, le solde migratoire, positif, a représenté jusqu'à huit fois l'accroissement naturel. Ce mouvement s'est accompagné d'une redistribution démographique interne avec une dépopulation de l'intérieur et des hautes terres et une croissance des villes et du littoral, surtout dans l'Hérault et le Gard.

Le réseau urbain

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Languedoc-Roussillon présentait un réseau urbain original, caractérisé par l'absence de véritable métropole au profit d'un chapelet de villes moyennes, ce qui tendait à renforcer les influences marseillaise et toulousaine.Avec la décentralisation et le développement du réseau autoroutier, Montpellier est devenue une métropole régionale. Si la commune elle-même reste stabilisée autour de 229 055 habitants [1999], sa périphérie continue à s'étendre.

Économie

L'économie, jadis marquée par l'omniprésence de la vigne, connaît un renouveau fondé sur l'excellence du cadre de vie, au-delà même de l'aménagement du littoral et du développement de Montpellier. Après l'exploitation des ressources charbonnières des Cévennes, réparties entre les bassins d'Alès et de Graissessac et le vignoble de masse, l'économie régionale compte plus aujourd’hui sur le tourisme et le développement « intellectuel ».

Le vignoble de masse


Depuis 1850, le vignoble avait envahi plaines et coteaux. Il a été reconstitué, après la crise du phylloxéra du siècle dernier, avec des cépages à forte productivité mais donnant des vins à faible teneur en alcool. Couvrant un peu moins du tiers de la superficie viticole nationale, c'est le premier vignoble français pour sa superficie (303 593 hectares) malgré un recul d'environ 50 000 ha dans les années 1980. Pour faire face à la concurrence et à la baisse de la consommation de vin de table, les viticulteurs se sont reconvertis vers une production de qualité, comme en témoigne le progrès des appellations (18 millions d'hectolitres en 1999). En 1999, plus de 244 274 800 € ont été injectés dans l'économie viticole de la région.

L'identité régionale

L'actuelle région, qui n'a pas intégré l'Aveyron – département qui lui avait été rattaché en 1955 –, a longtemps été tiraillée entre Toulouse et Marseille. Finalement, l'émergence de Montpellier comme capitale régionale, favorisée par l'architecture du réseau des voies de communication, tant le rail que la route, a renforcé son unité.

Le Languedoc-Roussillon, par ses chantiers du littoral, a connu la plus grande opération française d'aménagement intégré. Conçu dans le cadre du plan d'urbanisme d'intérêt régional (PUIR) de 1964, repris dans le schéma d'aménagement du littoral (SDAL) de 1972, cette restructuration a touché 66 communes du littoral maritime ou lagunaire, et a transformé la côte en un axe touristique émaillé de stations entièrement nouvelles (Port-Camargue, La Grande-Motte, Cap-d'Agde, Port-Leucate, Port-Barcarès) ou rénovées. Le succès démesuré du développement touristique a conduit à freiner l'essor des complexes balnéaires, notamment avec les interventions du Conservatoire du littoral et le classement de certains sites.

L’espace MéRITE local : la Lozère

La superficie

La Lozère est le seul des cinq départements de la région à ne pas avoir de façade maritime. Elle est limitée au nord par le Cantal et la Haute Loire, à l’est par l’Ardèche, à l’ouest et au sud-ouest par l’Aveyron, au sud-est et au sud par le Gard. Elle s’étend sur 5 168 km².

Le relief

Sillonné de vallées étroites et profondes, le département comprend essentiellement quatre régions naturelles :

Les Cévennes : situées au sud-est, il s’agit de la pointe méridionale du Massif central qui englobent le Mont Lozère (1 699 m), montagne granitique de 25 km de long sur 10 km de large qui a donné son nom au département. Quelques massifs isolés font transition avec la Margeride au nord.

La Margeride : située au nord-est, elle est constituée de croupes granitiques couvertes de bruyères qui s’étendent sur une longueur de 50 km séparant le bassin de la Loire de celui de la Garonne avec comme sommet principal le Signal de Randon de 1 554 m d’altitude. Entre la Margeride et l’Aubrac s’étend un plateau granitique d’unealtitude moyenne de 1 200 m, couronné par quelques éminences basaltiques tel que le Roc de Peyre (1 181 m).

L’Aubrac : situé au nord-ouest sur 40 km de long et 12 km de large, il s’agit d’un plateau volcanique couvert de paturages et dominé par le Truc de Maillebiau (1 471 m).

Les Causses : situés au sud-ouest ils sont constitués de calcaires nus et secs comprenant le Causse Méjean (1 000 à 1 200 m) rattaché aux Cévennes par le Col de Perjuret, et le Causse de Sauveterre (850 à 1 100 m) (CD.35) situé entre le Lot et le Tarn et relié au Mont Lozère par le Col de Montmirat (1 042 m). C’est entre ces deux causses que le Tarn a creusé de magnifiques gorges, dont la profondeur varie de 400 à 600 m, que l’on appelle les Grands Causses.

Nous reviendrons sur le Causse de Sauveterre qui est le territoire choisi comme lieu de notre expérimentation.

Le climat

C’est donc un département situé à une altitude moyenne d’environ 1 000 m. On y distingue trois types de climat dus à plusieurs influences climatiques.

L’influence océanique : sensible sur la moitié ouest du département, elle décroît au sud-est de la ligne de partage des bassins de la Garonne et du Rhône, appelée ligne de crête.

L’influence méditerranéenne : présente sur tout le département, elle est surtout sensible dans les Cévennes. Les températures y sont très douces et les précipitations abondantes sauf en été.

L’influence montagnarde : elle concerne le nord de département (Aubrac et Margeride) où les hivers sont longs et les étés très brefs.

Les températures moyennes relevées à Mende (centre du département) sont de 13° en janvier et de 18°8 en juillet.

La hauteur moyenne des précipitations est de 1 100 mm sur le département mais elle peut dépasser 1 800 mm dans les Cévennes notamment.

Il y a environ 65 à 165 jours de gelée et 5 à 60 jours de neige dans l’année. La neige est un élément important dans la climatologie départementale : la Lozère est en effet le département méditerranéen le plus touché par la neige.

Le milieu naturel

En Lozère les zones naturelles occupent 77% du territoire (dont 45% de forêts) soit le double de la moyenne nationale. Moins de 3% de la superficie du département est urbanisée. La richesse et la variété des sites et des paysages sont qualifiés d’un niveau d’intérêt national dans la contribution régionale au schéma des espaces naturels et ruraux. L’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, touristique et faunistique (ZNIEF) recouvre plus de 60% du territoire.

Les structures territoriales

La Lozère est composée de 2 arrondissements : Mende (chef lieu) et Florac. Elle est constituée de 25 cantons, de 185 communes (la majeure partie ayant entre 100 et 200 habitants) et 89 établissements publics de coopération intercommunale.

La population

Nombre d’habitants selon le recensement de 1999 : 73 509 (le dernier de la métropole)

Densité de population : 14 personnes au km² (densité nationale : 106 au km²)

Nombre d’habitants vivants dans une ville de plus de 2 000 habitants : 33,14 % (75 % au niveau national)

Solde migratoire (différence entre le nombre de personnes venant résider dans le département et celui le quittant) : environ + de 215 personnes par an.

Solde naturel (différence entre le nombre de naissances et celui des décès) : - 140 personnes par an.

Solde global (cumul des deux soldes précédents) : + 76 personnes par an.

PIB annuel par habitant : 13200 Euros

Après un siècle d’évolution démographique défavorable, les derniers recensements ont révélé une légère augmentation. Pourtant ce phénomène doit être tempéré car l’évolution est très différenciée selon les secteurs géographiques. C’est l’arrondissement de Florac, dans les Cévennes, qui concentre l’augmentation. 37 % de cette émigration est partie en région parisienne, c’est à dire la moitié de la jeunesse de l’Aubrac et de la Margeride. A côté de l’agriculture qui ne cesse de perdre des exploitations, c’est aujourd’hui le secteur tertiaire (activités de service) qui anime l’économie départementale.

Le Causse de Sauveterre

Présentation géographique

La région des causses qui s'étend sur le quart sud-ouest du département, se caractérise par un relief karstique et un paysage de steppe. Ces hauts plateaux contrastent fortement avec les vallées profondes qui les bordent. Ainsi, le causse de Sauveterre est délimité au nord par la rivière le Lot et au sud par les Gorges du Tarn.

La densité de population y est faible, environ 3 habitants au km2 (14 pour le département et 84 pour la région Languedoc-Roussillon).

L'altitude y est élevée - 1000 mètres en moyenne- entraînant un fort changement avec les vallées profondes qui les jouxtent (point le plus bas dans la vallée : 410 m et point le plus haut sur le causse : 1247 m).

Les causses offrent un paysage d'aspect aride et minéral bien que le causse de Sauveterre, contrairement au causse Méjean, possède quelques belles forêts de résineux, suite à une politique récente de reboisement.

Mais cette aridité apparente cache une pluviométrie importante (850 mm d'eau par an) ainsi qu'un fort enneigement en hiver. En effet, l'eau fuit à travers les failles du calcaire et rejaillit sous forme de sources, plus bas dans les vallées, après avoir traversée de multiples galeries. Le sous-sol recèle ainsi de multiples avens qui font du causse un territoire de prédilection pour les passionnés de spéléologie.

Buis, genévriers, cheveux d'anges et orchidées constituent un panel de plantes caractéristiques des lieux.

La faible amplitude du relief de ces plateaux a généré la création naturelle de cuvettes fertiles auprès desquelles se sont édifiés les hameaux, à mi-chemin entre les zones cultivables et les parcours à moutons.

économie

L'économie du causse de Sauveterre est en effet essentiellement basée sur l'élevage d'ovins. Les pâturages immenses offrent un terrain propice à l'élevage extensif de brebis que l'on élève depuis deux siècles pour leur lait, nécessaire à la fabrication du Roquefort et de la fêta.

Comme dans le reste du département de la Lozère, le nombre d'agriculteurs actifs et le nombre de nouvelles installations sont en baisse. Rappelons tout de même que le secteur agricole emploie 14,21 % de la population active du département. Ce pourcentage est cependant plus élevé sur le causse où beaucoup exerce la profession d'éleveurs.

Par ailleurs, le tourisme joue un rôle économique de plus en plus important amenant parfois un revenu complémentaire à l'exploitation (ex : chambres d'hôtes, vente de produits fermiers…). La proximité des Gorges du Tarn à la renommée internationale est aussi un élément favorable au développement de ce secteur.

architecture

L'activité des hommes et les paysages qui les entourent ont généré depuis des siècles une architecture particulière : l'architecture caussenarde.

La caractéristique première de cette architecture est la présence exclusive de la pierre et de l'utilisation de la voûte.

Aucune habitation en effet ne possède de charpentes en bois, trop fragiles pour soutenir des toitures de lauzes calcaire d'un poids moyen de 250 kg au m2. Les lauzes, pierres plates calcaires, sont uniquement calées sur la voûte par des pierres et de l'argile et leur dimension va en décroissant vers le faîte du toit. La jonction des toitures est complexe et des chenaux permettent de récolter et de conduire l'eau de pluie dans une citerne.

Les pignons en façade donnent un rythme caractéristique à l'édifice.

Les ouvertures sont de petite taille en raison de l'épaisseur des murs mais surtout, afin de ne pas bouleverser l'équilibre de l'ensemble de l'édifice, chaque pierre prenant appui sur ses voisines.

Les hommes ont dû faire face à l'absence de bois, pour construire des charpentes, mais aussi à l’absence d'eau ne permettant pas de faire face au moindre incendie. Le seul matériau à disposition sur place en abondance et facilement exploitable a toujours été le calcaire. L'homme a ainsi développé un vrai talent de bâtisseur dans ce milieu naturel hostile, construisant au creux d'un versant pour s'abriter du vent et face au soleil. L'appui à la pente a également permis de faciliter l'accès de plain-pied à certaines bâtisses telles que la grange. En effet, les fonctions d'habitation et d'exploitation dans le bâti traditionnel sont toujours réunies dans un même bâtiment qui s'élève sur trois niveaux.

Par ailleurs, la façade du logis doit indiquer la personnalité et le rang social du propriétaire. Le grand escalier et la terrasse, pouvant évoluer en galerie couverte parfois bordée de colonnade d'inspiration aragonaise, traduisent la richesse des lieux.

D'autres éléments architecturaux, situés dans l'enceinte de l'exploitation agricole, constituent le petit patrimoine lié à la mémoire des hommes et témoins d'une activité agricole révolue : four à pain, pigeonnier, aire à battre, croix …

Les faiblesses a surmonter

Le territoire du causse de Sauveterre s'avère être un lieu correspondant parfaitement aux critères de ruralité : une population faible, une activité agricole prépondérante dans l'économie et un environnement naturel préservé.

Le causse est également le témoignage des bouleversements économiques et des mentalités qui agitent le monde agricole actuel : présence de l'Europe de plus en plus importante à tous les niveaux (financement, labels…), population vieillissante et ne trouvant pas forcément de repreneur à l'exploitation, volonté des jeunes agriculteurs de ne plus être esclaves de leur métier, ceci entraînant le recours de plus en plus souvent à un salarié agricole et une ouverture surles autres par le développement d'activités complémentaires telles que le tourisme.

Toutefois, l’entretien dupatrimoine bâti qui témoigne d'un savoir-faire ancestral et siège de l'exploitation agricole ne figure pas dans les priorités de tous les propriétaires qui doivent avant tout faire face aux difficultés économiques que traverse le secteur agricole et aussi travailler avec des outils de productions modernes, pas toujours adaptables dans une architecture traditionnelle.

Parallèlement, on assiste à un réel engouement pour cette architecture traditionnelle et certains hameaux sont désormais la propriété exclusive de personnes étrangères, notamment beaucoup d'anglais, de hollandais ou d’allemands.

Réalités économiques d'un côté, respect du bâti traditionnel de l'autre, voilà les enjeux auxquels doit faire face ce territoire pour continuer de concilier patrimoine et activité professionnelle, afin de ne pas perdre son identité.

Selon nous, le projet MéRITE est marqué par un fort pragmatisme. Il s’agit d’un aspect fondamental déterminant puisque nous recherchons avant tout un instrument final qui puisse être utilisé sur le territoire.

Le principal problème auquel nous devrons faire face dans le projet concerne la réalisation d’une plateforme commune. Il s’agit pour nous de partir d'une réalité de base que nous ne pouvons ni ne désirons nier: nous nous adressons en réalité à des propriétaires privés. Nous devonsen tenir compte et négocier avec eux tout en évaluant le cadre normatif et législatif de même que les aides financières dont nous pouvons bénéficier (y compris au niveau national). Notre intérêt dans ce projet est bien évidemment de réussir à concrétiser un concept théorique qui puisse être réalisé sur le territoire. Pour ce faire, il nous faut partir d'un cadre législatif précis.

Cela dit, nous espérons que le problème des propriétaires privés ne soit pas un frein. A vrai dire, le résultat que nous voudrions concrètement obtenir vise d’une part à trouver des idées pour la réutilisation du patrimoine de la part des privés et d’autre part, à établir des règles minimales concernant les travaux de restauration des bâtiments du territoire. Nous obtiendrions ainsi un instrument qui pourrait être utilisé et proposé à l'ensemble des habitants du territoire qui ont envie d’entreprendre un type d’investissement alternatif.

Nous avons déjà pris des contacts avec la Chambre de Commerce. Nous avons également choisi un cabinet d'architecture qui effectuera une étude du territoire. Notre souhait est d’aboutir ainsi à l’élaboration d’un guide pratique qui pourra être consulté et utilisé par les propriétaires privés.

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