Project Mérite
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7.5 Région Sicile
Monti Sicani
Sergio ALESSANDRO et Vincenzo D’ANGELO.

La Région Sicile entend réaliser le projet MéRITE en collaboration avec des partenaires locaux. Voici nos collaborateurs: l’antenne régionale du Ministère de la Culture (dont je suis le coordinateur), la Division Administrative de l’Agriculture et des Forêts, l’antenne régionale du Ministère de l’Agriculture ainsi que l’Agence Régionale des Forêts. Le territoire choisi se trouve au centre Ouest de l’île. La végétation luxuriante caractérise ce territoire où se trouvent cinq réserves naturelles régionales, plusieurs régions boisées et des zones de reforestation. Il s’agit également d’un territoire très intéressant du point de vue de l’agriculture. Différents éléments naturels, ethnologiques et anthropologiques caractérisent ces lieux rendantce territoire unique en son genre. Cet aspect fondamental a conduit l’antenne régionale du Ministère de la Culture à poursuivre le projet dans cette direction.

L’origine des Monts Sicani est très ancienne. Leur superficie s’étend sur 200.000 hectares. Les Sicani sont les premiers habitants autochtones de l’île à s’être établis sur ce territoire. Cette terre vaut également le détour du point de vue de la Nature, de l’histoire et de l’esprit d’entreprise liés à l’agriculture et aux produits du terroir, considérés comme une niche de marché. Nous espérons que le projet réussira à promouvoir et à revaloriser certains de ces secteurs de niche, en particulier ceux liés à lazootechnie et à l’agriculture.

Notre choix se différencie par rapport à la région Toscane et à ses Villas d’excellence. En Sicile, comme chacun sait, nous avons également des Villas historiques qui sont le fleuron de notre patrimoine culturel. Ces dernières sont plutôt excentrées par rapport au territoire où elles sont nées. Nous nous référons en particulier aux Villas de Bagheria, aux Villas situées hors des murs de Palerme ainsi qu’à d’autres Villas crées au XVIIIe s par les baronnies. Il s’agit dans le cas présent de Villas liées à la plantation et à la culture d'agrumes.

C’est précisémment pour rester en pleine harmonie avec le projet MéRITE que nous voudrions continuer à récupérer et à valoriser les ressources culturelles liées aux biens ethnologiques et anthropologiques des anciens “Bagli”. Ces derniers sont d’anciennes structures fortifiées étroitement liées au territoire. Les “Bagli” figurent en nombre encore important sur notre territoire. Il s’agit donc de conserver ces structures encore vivantes et de les revaloriser à l’intérieur même de leur contexte d’origine.

Une association regroupant des municipalités, des entrepreneurs et des chambres de commerce a été crée depuis peu. Il s’agit d’une association rurale visant à accroître le développement agricole. Le territoire concerné s’étend sur les provinces de Palerme et d’Agrigente confinant avec le fleuve Platani à l’Est, avec le fleuve Belice à l’Ouest, avec la Mer Méditerranée au Sud et avec la Rocca Busambra au Nord. La Rocca Busambra est un élément caractéristique du territoire palermitain: il s’agit d’une forteresse essentielle tant sur le plan géomorphologique que naturel.

La série d’images suivante représente des réserves naturelles. Actuellement, nous répertorions les différentes données régionales de façon à pouvoir intervenir au niveau local sur un territoire précis. Le château sur la photographie se trouve sur un territoire où les centres historiques sont essentiellement d’origine médiévale.

Voici un aperçu de la région où les biens éparpillés sur le territoire sont classés selon leur typologie: fermes, châteaux, tours, etc… Voici des images de certains centres situés sur ce territoire. Notre analyse sera effectuée sur un territoire plus restreint, d’environ 20.000 km2 en moins. Ici nous voyons des paillers. Ces constructions typiques sont encore en bon état sur tout le territoire.

Voici le fleuve Salso situé en pleine nature.

Avant de vous expliquer les raisons de notre choix du territoire et de son extension, j’aimerais tout d’abord vous présenter nos finalités.

à nos yeux, le projet MéRITE représente l’instrument idéal pour atteindre notre objectif: la préservation et la conservation du paysage historique traditionnel. Il va sans dire que l’aspect économique va de pair avec cette vision.

Pourquoi avoir choisi le territoire des Sicani? Il eût été plus simple de choisir les Villas ou les “Bagli” de la province de Trapani, qui sont étroitement liés à la production et à la commercialisation du vin. Mais ces derniers ont bien progressé et n’ont pas besoin de notre aide pour aller de l’avant. Il eût été intéressant d’effectuer une comparaison entre les différentes expériences réalisées, mais nous en serions resté là. Nous aurions également pu analyser les Villas baroques des Monts Iblei qui appartiennent à la province de Syracuse et de Raguse. Celles-ci sont d’ailleurs étroitement liées au monde rural. La plupart d’entre elles ont été tranformées en des structures hôtelières à connotation rurale qui s’inscrivent dans le cadre de l’agrotourisme, comme les gîtes ruraux ou les chambres d'hôtes. Notre choix est assurément plus difficile et hasardeux, il s’agit même presque d’un défi si nous considérons que la zone choisie est extrêmement désavantagée et marginale. Grâce au projet MéRITE nous tenterons de remettre en valeur l’aspect économique de cette région. Nous commencerons par les “Bagli”, ces fameuses constructions intimement liées à l’agriculture, à l’élevage des moutons et aux traditions présentes sur le territoire depuis l’après-guerre. Les Bagli étaient en réalité de véritables installations souvent difficilement accessibles et pour la plupart totalement isolées. Les Bagli étaient en fait des communautés autosuffisantes où se trouvaient des entrepôts où étaient stockées les denrées alimentaires. Il y avait également l’Eglise, la demeure du maître et celle de ses employés qui n’étaient autre que des fermiers. Toutes les activités de la vie se s’organisaient autour de ces petites communautés où, après avoir mené les bêtes au pré, l’on regroupait tous les troupeaux à l’intérieur des murs, de façon à ce qu’ils soient protégés.

Voici différentes diapositives représentant respectivement des céréales, des céréales fourragères, la céréaliculture et le bétail. Voilà quelles étaient les vocations du territoire des Sicani. Les caractéristiques et les problématiques communes à toute cette région nous ont conduit à proposer ce vaste territoire qui s’étend sur 200.000 hectares. Nous limiterons par la suite notre champ d’action à quelques centaines d’hectares, à des ensembles qui sont représentatifs de tout le territoire. Nous prendrons en considération certains “Bagli” publics. Actuellement, les “Bagli” sont dans une situation précaire et bien qu’ils aient été construits pour durer dans le temps, leur état d’abandon a provoqué des dégâts considérables que les propriétaires privés ne sont plus à même de pouvoir assumer. Avec le miracle économique, les campagnes se sont dépeuplées au profit de la ville et rares sont les “Bagli” où le temps n’a pas laissé ses traces.

Nous essayons d’offrir à ce territoire des motivations supplémentaires à son propre développement. Ce n’est pas un hasard si outre les départements régionaux nous impliquons également des groupes d’action locale et des municipalités qui ont été choisies comme région témoin. Le tourisme est important mais il est fondamental qu’il soit lié à un territoire économiquement actif, où les Bagli puissent retrouver leur fonctionnalité d’antan, celle de centres de production économique. L’activité agrotouristique devrait être réellement liée au territoire, à l’activité agricole, sans se limiter à l’aspect administratif et comptable.

Voici l’exemple d’un Baglio domanial que nous sommes sur le point d’acquérir grâce aux fonds d’Agenda 2000. Nous souhaiterions préciser un facteur important: à l’intérieur du territoire des Sicani, il y a cinq réserves naturelles qui s’étendent sur un territoire d’environ 19.000 hectares. Le Monte Carcaci est l’une de ces réserves naturelles. Voici un Baglio qui se situe à l’intérieur de la réserve du Monte Carcaci. D’un point de vue institutionnel, en tant qu’Agence domaniale des forêts, nous gérons 34 réserves naturelles, comme par exemple la réserve Zingaro que vous connaissez surement. Elle n’est pas la seule dans son genre. En effet, nous sommes présents sur tout le territoire. Nous nous occupons en particulier des réserves boisées situées sur des territoires excentrés, comme c’est précisément le cas de la région des Sicani.

La possibilité de pouvoir utiliser ces Bagli en tant que centres pour visiteurs est sans aucun doute un moyen d’action qui permettra à ces régions de devenir des pôles d’attraction, des centres pour visiteurs voire des centres d’éducation à l’environnement. Il s’agit en quelque sorte de créer des centres d’animation et d’intéret pour que l’action publique prête assistance à ces régions économiquement défavorisées.

En ce qui concerne la partie privée du patrimoine historique, il faudrait fournir des modèles de projets compatibles avec l’environnement. Nous évaluons actuellement la possibilité d’utiliser des sources d’énergie renouvelables de façon à rendre ces unités autonomes d’un point de vue énergétique. En effet, la plupart d’entre elles sont situées dans des régions dépourvues en électricité. Le seul bien primordial que l’on peut tout au plus y trouver est l’eau car à l’époque l’on procédait à des travaux de construction sur des terrains qui étaient proches d’une source d’eau. Qui aurait pu croire qu’un jour on aurait eu besoin d’énergie électrique ou, mieux encore, du câble téléphonique? Le problème énergétique nous touche de près et l’étude des systèmes d’équipement en sources d’énergie renouvelable compatibles avec l’environnement nous intéresse vivement.

Nous voyons ici la reproduction d’un pailler authentique, reconstruit selon sur les vestiges du modèle original. Voilà un exemple de ce que nous entreprenons en tant qu’organisme s’occupant de la gestion de la réserve.

Voici en revanche deux paillers authentiques. Vous pouvez voir les deux typologies de paillers. Les différentes régions sont reliées entre elles par d’anciens sentiers et par des lignes ferroviaires abandonnées. A côté de la voie ferrée qui n’est plus utilisée, vous pouvez voir des maisons cantonnières. Actuellement nous essayons de récupérer ces anciens tracés pour en faire des pistes cyclables, des sentiers équestres dans le cadre du cyclotourisme et du tourisme vert.

Nous établirons un rapport de collaboration avec une autre antenne régionale qui s’occupera de l’animation des visiteurs. L’antenne régionale du Ministère de l’Agriculture qui entretient un contact direct avec les entreprises de production locales nous procurera des aides au développement.

Étant donné la pleine maturité de la situation, le moment est idéal pour créer ces associations entre collectivités territoriales, municipalités et particuliers. Il s’agit presque d’un pacte environnemental volontaire visant à la promotion des produits du pays, en d’autres termes, au développement. Grâce aux différentes expériences partagées et au support stratégique du projet MéRITE, nous atteindrons sans aucun doute notre objectif.

Le choix d’un territoire très vaste correspond à notre volonté à tous de vouloir comparer et évaluer ensemble les thématiques. Il s’agit d’un projet étudié en commun avec nos partenaires pour pouvoir mieux définir et choisir quatre zones spécifiques liées à des particularités locales.

En quittant Palerme, nous avions à l’esprit l’idée d’opérer sur des édifices domaniaux où il est plus facile de trouver du matériel cadastral. On peut y trouver des relevés ainsi que d’autres informations sur les zones concernées. Tout le matériel disponible ainsi que les différentes études menées dans le cadre du projet MéRITE sont à la disposition de l’Administration publique.

Les “Case Colobbria”sont l’un des projet sur lesquels nous aimerions intervenir. Notre idée consiste à partir des édifices en prévoyant leur fonction future, selon la spécificité du territoire et les quatre thèmes que nous voudrions aborder.

Nous sommes également attirés par l’aspect innovateur que sous-tend le projet: l’économie d’énergie, les équipements technologiques, Internet et la diffusion de l’information. Nous souhaiterions établir une sorte de convention avec l’école Polytechnique de Milan, avec laquelle nous collaborons déjà dans le domaine de l’énergie, de l’architecture et la création d’espaces intérieurs destinés à revêtir de nouvelles fonctions. Selon l’antenne régionale du Ministère de la Culture, le projet MéRITE se veut un exemple innovateur en la matière. En effet, il s’agit d’un projet d’étude et de réalisation d'équipements industriels sur un édifice donné. L’objectif est d’utiliser ces édifices en réalisant des économies d’énergie par le biais de sources d’énergie renouvelables. L’idéal serait d’aboutir à une auto-suffisance énergétique permettant une totale autonomie de ces édifices.

Nous souhaiterions également pouvoir créer un centre pour visiteurs, où l’on puisse véhiculer des informations. Ce centre dépendrait d’un groupement déjà existant : l’Association des Sicani, qui servirait de pivot en tant que centre d’études.

Notre expérience en matière de gestion des réserves naturelles nous a amené a comprendre que les zones situées sur des territoires excentrés ont été conservées car elles ont su préserver leur aspect naturel, loin des affres du développement industriel et d’un essor économique débridés. Il s’agit néanmoins d’une nature cachée car personne n’a su ou n’a voulu valoriser l’aspect économique que sous-tend cette nature. Le tourisme vert ou agotourisme est en train de susciter un vif intéret chez les voyageurs en quête d’endroits calmes et uniques, à la recherche de sensations introuvables ailleurs.

Sans aucun doute, notre activité favorisera la création d’emplois. La région des Sicani étant plus difficile que les autres zones protégées, nous n’avons pas encore procédé aux travaux. Voilà la raison pour laquelle nous voulons discuter avec vous autour de cette table pour aborder de nombreux cas difficiles venant de France, du Maroc ou de la région italienne de la Basilicata. Aucune problématique n’est simple à résoudre. En mettant nos efforts en commun, nous pourrons aboutir à des solutions valables. Le vrai défi consiste à rendre ces lieux attractifs. Pour inciter les visiteurs à connaître ces lieux apparemment difficiles, nous devrions souligner l’aspect unique qu’offrent ceslieux. Vous n’y trouverez surement pas toutes les commodités d’un hôtel 5 étoiles mais vous aurez droit à un spectacle unique en son genre: être au beau milieu de la nature.

Dans d’autres endroits plus faciles, je pense en particulier au “Zingaro” que certains d’entre vous connaissent, nous avons remis en état certains édifices en vue d’accueillir des visiteurs. Si vous arrivez à bord d’une voiture, d’un bus ou dans le cadre d’un circuit organisé, vous ne vivrez pas les mêmes expériences. En effet, à l’aide d’un dépliant ou d’une visite guidée, tout est plus simple: il suffit de parcourir 7 kilomètres et de passer d’un endroit à l’autre. En revanche, quand il faut parcourir des zones protégées qui dans le cas présent sont des régions boisées de 7000 hectares, tout est plus compliqué. Pour corroborer le tout, ce sont des régions sans route, sans connexion ni réseau de communication. Voilà pourquoi nous souhaiterions créer des centres multimédias et des services rendant ces lieux accueillants. Les visiteurs effectueront ainsi une visite réelle voire virtuelle à la hauteur de ces territoires magiques où la face cachée de la Beauté absolue et insoupçonnée les fera rester bouche bée…Une sensation à vous couper le souffle.

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