La qualité de l’espace rural Méditerranéen : Le model « Toscane ».
Cinzia GANDOLFI
Avec la collaboration de Sandro CIABATTI

Le paysage rural de la Toscane interne.
Le paysage des régions méditerranéennes est, plus que tout autre, le fruit d’une construction étroitement liée à l’intense processus de civilisation dont a été l’objet le bassin de la Méditerranée. C’est donc un paysage où la composante humaine est prédominante et représente un patrimoine de grande valeur historique et culturelle.
C’est pourquoi le concept même de paysage, dans la culture méditerranéenne, représente quelque chose de fortement lié à l’histoire et à la culture locale, et se différencie donc par rapport à la conception propre à la culture nord européenne et de souche anglo-saxonne qui pose davantage l’accent sur les aspects écologiques et naturalistes.
A l’intérieur de ce scénario commun, le paysage méditerranéenconstitue donc un ensemble complexe, caractérisé par une grande diversité de situations territoriales, qui représentent une extraordinaire richesse. Parmi celles-ci, l’espace rural se distingue par son importance particulière.
Le territoire rural a, pendant des siècles, constitué le moyen le plus répandu d’organisation de l’espace, une sorte de “tissu connectif” auquel se superposait le système d’établissement des centres d’habitations et d’édifices spécialisés.
Sièges de l’activité économique principale, ces territoires témoignent, encore aujourd’hui, de l’étroit lien qui existe entre l’activité humaine et la construction du paysage.
Chaque paysage contribue donc à maintenir vivante l’identité des différentes régions.
Cependant, les effets du déclin progressif du rôle de l’activité agricole comme source principale de soutien économique des populations locales et comme élément “ordonnateur” du territoire, les fortes pressions exercées par la proximité des zones urbaines et, plus récemment, l’attention croissante pour le territoire rural en tant que lieu privilégié pour l’établissement de fonctions autres que la production agricole,font en sorte que ces contextes expriment une fragilité qui dérive seulement en partie des conditions physiques et naturelles des ressources. En effet, celles-ci sont dues, en grande partie, à un ensemble de sollicitations intenses qui peuvent causer des transformations sensibles, auxquelles ne sont pas étrangers les processus rapides de transformation économique et de globalisation qui caractérisent notre société et qui conduisent à des formes de dégradation représentée par la perte d’identité des territoires et par l’homologation.

Le paysage rural de la Val d'Orcia
Tout cela impose le besoin de définir de nouveaux modèles de développement et de nouvelles lignes de conduite pour la gestion du territoire rural qui, tenant compte de la valeur des ressources naturelles et culturelles présentes, soient en mesure de conjuguer la sauvegarde et la valorisation, même économique, des ressources ambiantes et culturelles existantes.
Les indications données à l’échelle communautaire orientent toujours plus les politiques nationales et régionales à une valorisation des spécificités locales. Dans le cadre du Schéma de Développement de l’Espace Européen, une fois la conception des zones rurales comme espaces homogènes mise de côté, favorisés ou entravés de la même manière dans leur développement, apparaît nettement que le territoire rural est caractérisé par une diversité et une autonomie et représente un système complexe qui se différencie considérablement en ce qui concerne les parcours et les dynamiques de développement. Les stratégies efficaces de programmation territoriale ne peuvent donc pas faire abstraction d’une prise de conscience des conditions, des particularités et des besoins locaux et régionaux.
La conviction désormais commune, confirmée par la Convention Européenne du paysage, que les politiques de lien d’une part, et la protection des zones limitées d’autre part, ne soient pas en mesure de garantir la qualité paysagiste de l’ensemble des territoires, impose le besoin de promouvoir le partage d’une culture et d’une sauvegarde consciente des différences, des spécificités et des valeurs complexes que l’espace méditerranéen exprime. Il faut également convenir d’un accord responsable de la gestion des activités humaines et du bien-être des collectivités locales, en stimulant les institutions à rechercher des connexions spécifiques entre agriculture, territoire et économie.
Voici les orientations stratégiques qui sont de plus en plus choisies pour combattre la perte d’identité de l’espace rural et la destruction de ses paysages: valorisation des différences, définition de modèles de développement endogène, recherche d’une nouvelle relationentre ville et campagne non plus comme démarcation opposée, mais comme une collaboration retrouvée et riche de relations et de synergies.
La conservation active de ces territoires est donc confiée à la capacité que les administrations locales sauront exprimer par leur politique de transformation et de programmation économique.
Mais en même temps nous devons être conscients que ces modèles ne peuvent être considérés conclus et valables pour un temps indéterminé.
La vitesse qui caractérise désormais la “vie” de nombreux cycles économiques, les risques conséquents à l’exploitation à grande échelle d’une ressource en particulier, ou encore la nécessité d’uniformiser nos politiques aux orientations communautaires, qui parfois provoquent des résultats en contraste avec les objectifs de valorisation des spécificités locales, demandent une attention constante et la capacité de définir d’une fois à l’autre les attentes politiques en mesure de répondre de façon adéquate aux exigences de sauvegarde des ressources et du bien-être des collectivités locales.
LA TOSCANE COMME LABORATOIRE D’EXPERIENCES
Le scénario de développement que les orientations et les politiques communautaires préfigurent pour l’espace agricole européen est pleinement partagé par la Région Toscane, qui a, depuis longtemps, placé au centre de ses propres politiques de secteur la valeur de son paysage agricole et rural, ainsi que la qualité des produits comme les éléments dont il faut tenir compte pour le soutien de l’économie agricole; attitude soutenue par une activité législative considérable qui, ces 10 dernières années, a déterminé la publication, non seulement de la loi de référence sur le gouvernement du territoire, mais également de nombreuses mesures comme celles sur l’agro-tourisme, sur la réglementation des interventions de transformation urbaniste et du bâtiment dans les zones principalement agricoles, sur la sauvegarde des métiers en voie d’extinction, sur les routes du vin, pour l’institution des marques de qualité, sur la protection des arbres monumentaux et sur le reboisement.

Les typologies des systèmes ruraux de la Toscane.
On est donc en train d’élaborer, depuis des années, un modèle de programmation dans lequel la sauvegarde et la valorisation des spécificités localesreprésentent les éléments de base des politiques de gestion du territoire.
On a donc consolidé un “modèle toscan” de programmation et de développement agricole et rural, qui établit ses points forts dans la compréhension d’un rôle toujours plus évident du territoire rural comme lieu privilégié de fonctions différentes de la production agricole même, dans la reconnaissance des différentes spécificités locales en tant que valeur, dans la capacité de concilier la sauvegarde et la mise en valeur des traditions et des cultures locales comme valorisation économique basée sur la promotion du binôme qualité du produit-qualité du paysage.
Dans un scénario global, dans lequel les “produits à haute valeur ajoutée” sont considérés tels grâce également à l’important contenu “d’images” des lieux de production, la coïncidence entre territoire rural et paysage renommé représente donc pour la Toscane un point fort: l’image d’un certain paysage toscan, diffusé et apprécié dans le monde entier, a contribué et contribue à augmenter la valeur économique des productions agricoles en favorisant un processus harmonieux entre production de qualité et valorisation du paysage, avec des conséquences positives au niveau de l’image pour les entreprises, pour le tourisme et pour la conservation active des caractères propres au territoire rural.
L’image du territoire toscan, coïncidant dans une large mesure avec le paysage agraire, a été choisie comme élément d’identification par les politiques régionales et, en tant que telle, ressource à sauvegarder et à valoriser. Cela a donné l’opportunité à tous les territoires ruraux de jouir du privilège de faire partie d’une image fortement reconnaissable, se couvrant implicitement d’une valeur ajoutée dérivant du sens de l’appartenance.
Malgré cela, il est important de souligner que les caractères de ruralité et les tendances évolutives du territoire toscan présentent des différences considérables.
La plus grande ou la moindre disponibilité des zones appropriées à l’exercice d’une activité agricole économiquement rémunératrice, l’influence exercée par les systèmes urbains et productifs en termes de concentration-conurbation, la consolidation, et dans certains cas, la croissance d’un modèle répandu d’établissement alternatif à ceux des grands centres, la condition de marginalité exprimée en termes d’accessibilité et de dégradation des ressources ambiantes et culturelles de certaines zones faibles de la région, sont quelques-uns des paramètres utilisés tant par le Plan d’Orientation Territoriale que par le Plan de développement rural régional pour fournir une grille de lecture/interprétation des diverses caractéristiques des zones rurales à l’intérieur des quatre grands systèmes divisant la région: la Toscane plate et formée de collines du bassin de l’Arno, la Toscane des reliefs appenins, la Toscane de la bande côtière et des territoires adjacents, la Toscane formée de collines des zones internes et méridionales.
Il en ressort l’image d’un système complexe et articulé, pour lequel l’orientation pour une gestion prudente se fonde nécessairement sur un engagement prêt à saisir les caractères de qualité et en même temps les éléments de fragilité du territoire rural, ses points forts et ses éléments de faiblesse.
En faisant référence aux thèmes du projet MéRITE on peut tenter de tracer un système d’indicateurs se rapportant aux composants physiques et socio-économiques du territoire rural, en s’associant à chacun de ces facteurs de potentialité pour un développement positif du territoire ou bien de faiblesse pour les phénomènes possibles de dégradation qu’ils pourraient causer.
| Indicateurs | Facteurs de potentialité | Facteurs de faiblesse |
| Dynamiques démographiques | Phénomènes de retour dans les zones rurales Transfert de population des zones urbaines aux zones rurales |
Phénomènes de déclin démographique constant Phénomènes de croissance constante autour des grands pôles productifs ou de service Phénomènes de croissance succédant à une phase de déclin Phénomènes de déclin succédant à une phase de croissance |
| Taux de vieillissement de la population | Majorité de population jeune par rapport à celle âgée Croissance parallèle de population jeune et âgée |
Croissance du niveau d’ancienneté de la population Décroissance parallèle de population jeune et âgée |
| Dynamiques d’installation | Tendance à la croissance des urbanisations périphériques des centres (puisque celle-ci peut induire des processus harmonieux de récupération du patrimoine du bâtiment et favoriser la naissance de nouvelles économies basées sur la mise en valeur du territoire) | Phénomènes de déclin étendu ou de dépopulation générale tant des centres que des pôles diffus
Tendance de la croissance des urbanisations périphériques des centres (risque potentiel de rechutes négatives en termes de coûts pour la distribution des services à la population et de consommation des ressources) |
| Rôle économique de l’activité agricole | Présence d’une activité agricole avec rôle principal par rapport à d’autres secteurs Présence d’une activité agricole en mesure d’exercer un rôle de soin et de conservation active du paysage Présence d’une activité agricole tournée vers des filières fabriquant des produits de qualité fortement reconnaissables sur le marché |
Présence d’une activité agricole qui, bien que constituant l’activité primaire, ne réussit pas à se structurer comme source de revenu Présence d’une activité agricole avec rôle fortement marginal ou qui s’exerce exclusivement sous forme de hobby et de consommation personnelle |
| Dotation de ressources naturelles et ambiantes | Présence d’un patrimoine boisé intact capable de garantir la conservation des habitats significatifs. Proximité de parcs, réserves naturelles, zones protégées dont la qualité ambiante peut constituer un instrument de valorisation des espaces ruraux limitrophes |
Présence d’un patrimoine boisé dégradé à cause de phénomènes de déclin économique des activités de culture qui en garantissaient l’efficacité et la stabilité des sols.
Présence insuffisante de ressources ambiantes ou de zones de valeur naturaliste en mesure de susciter une demande de tourisme |
| Dotation de ressources historiques et culturelles | Indices élevés de dotation culturelle, historique et artistique répandue sur le territoire structurable comme réseau de polarité en mesure d’activer des circuits touristiques. Proximité de lieux significatifs pour l’histoire et pour les traditions artistiques et régionales Présence de filières particulières oeno-gastronomiques auxquelles associer des initiatives de marketing territorial |
Présence insuffisante d’éléments significatifs du point de vue historique, architectural ou culturel. Excès d’exploitation des ressources Présence de phénomènes de massification de la demande touristique |
| Qualité et degré d’utilisation du patrimoine du bâtiment | Présence d’un patrimoine du bâtiment qui conserve des caractères de prestige historico-architectural avec une forte connotation de ruralité encore susceptible d’une récupération fonctionnelle pour l’activité agricole ou pour d’autres fonctions compatibles avec le contexte rural | Présence insuffisante d’un patrimoine du bâtiment de qualité Sensibilité insuffisante à la sauvegarde des caractères architecturaux locaux dans la gestion des transformations du bâtiment Grave dégradation du patrimoine du bâtiment ordinaire |
| Degré d’accessibilité routière et ferroviaire | Présence de bons niveaux d’accessibilité routière et ferroviaire qui n’ont pas de répercussions négatives sur la relation entre équipement infrastructural et contextes ambiants Zones à haute conservation des caractères de ruralité du réseau routier ayant des vues panoramiques |
Présence d’une grande concentration de bandes infrastructurelles qui altèrent les contextes ruraux avec des effets d’altération du cadre de vie des populations locales Absence ou manque de rendement des dotations infrastructurales avec conséquences de marginalité et de “visibilité“insuffisante des contextes ruraux |
| Le tourisme rural | Nombre élevé d’entreprises touristiques et agro-touristiques Intégration de l’activité touristique avec les autres activités économiques du monde rural
Permanence sur le territoire des ressources dérivant du revenu lié au tourisme |
Niveau critique des ressources essentielles dû à la présence d’une charge supérieure par rapport à celle que le territoire rural est en mesure de soutenir. Conflictualité sociale liée à la vie en commun des résidents avec la population touristique Problèmes d’efficacité et de rendement dans la distribution des services pendant certaines périodes de l’année Intégration insuffisante entre les activités réceptives et celles liées à la valorisation du territoire |

Le paysage rural de Chianti.
La conservation des caractères de ruralité d’un territoire est en même temps objectif et instrument de n’importe quel projet de valorisation.
Il est nécessaire, en effet, que la richesse culturelle, ambiante et paysagiste de ces territoires ne soit pas dispersée, mais qu’elle puisse, au contraire, continuer à s’exprimer et à s’autosoutenir par l’intermédiaire d’une valorisation et d’une exploitation équilibrées.
Le caractère fortement marqué par l’activité humaine de nos territoires ruraux fait en sorte que l’un des principaux risques de perte de valeur et de dégradation physique réside dans la dépopulation et dans l’abandon progressif de l’activité agricole et de ces modalités culturelles qui non seulement ont garanti dans le temps une manutention efficace du territoire, sous l’aspect idro-géologique, mais qui ont favorisé la diffusion d’une culture liée principalement à la vigne et à l’olivier qui constitue, avec son bagage séculaire de techniques de mise en culture, de tradition et de folklore, un élément d’identité fort pour toutes les régions méditerranéennes.
L’agriculture doit donc pouvoir continuer à exprimer, pour autant que possible, ce rôle de protection ambiante et de conservation/création de paysages, soit sous forme d’activité “de type amateur” et de consommation personnelle, soit en se mettant en synergie avec d’autres activités.
Parmi celles-ci, le tourisme est certainement un des principaux facteurs de développement économique pour une grande partie du territoire rural puisque théoriquement capable de conjuguer conservation et valorisation des ressources tant physiques que culturelles; d’ouvrir de nouveaux espaces de marché aux productions agricoles connexes aux produits typiques et de base aux différentes formes d’artisanat local, favorisant ainsi l’entretien, et parfois la récupération de traditions liées à des événements et des manifestations propres à la culture rurale locale; de constituer lui-
Le paysage de Chianti

Immage de Chianti–Le jardin à l’italienne de Villa Corsini (Impruneta)
même, par l’expérience des visiteurs, un instrument considérable de promotion du territoire et de ses produits.
L’opportunité pour de nombreuses zones rurales d'excellence est donc de fonder sur la valorisation touristique un processus harmonieux qui mette en relation la conservation et la sauvegarde des valeurs culturelles et naturelles du territoire avec de nouvelles opportunités économiques et des rechutes positives sur les emplois .
Ce modèle de développement, pour agir positivement dans le temps, doit posséder une forte connotation endogène; c’est-à-dire qu’il doit se fonder sur une implication active des populations locales supposant un partage conscient de l’ensemble des valeurs exprimées par les territoires qui composent leur cadre de vie et sur l’aptitude des agents locaux d’activer un cadre d’initiatives qui puissent constituer une offre touristique équilibrée capable de s’intégrer avec les autres réalités locales dans un système à réseau où chaque point représente une “base” dont la valeur augmente par le fait de faire partie d’un système d’offres diversifiées (produits typiques, réceptivité, restauration et offre de produits oeno-gastronomiques, services pour le tourisme, promotion culturelle).
LES DEUX ZONES D’ETUDE
La longue tradition de la gestion des ressources ambiantes et culturelles, ainsi que le poids considérable que le tourisme revêt dans notre économie, font en sorte que la Région Toscane représente un “observatoire” privilégié des situations territoriales dont il faut approfondir les thèmes de développement des zones agricoles d'excellence.
On a désormais acquis la conviction que le développement d’un territoire ne se mesure plus exclusivement en termes d’augmentation du revenu local, mais se compose également de facteurs non monnayables, comme par exemple la relation équilibrée entre l’environnement et les activités productives capables d’influencer positivement sur le cadre de vie de la population.
Le paysage et le territoire rural, caractérisés par la diffusion et la qualité, peuvent donc conjuguer les termes d’un développement économique et d’un maintien environnemental par le biais de la promotion de formes d’utilisation consciente des ressources, mais à condition que l’ensemble des biens qui structurent un territoire déterminé assume la valeur des ressources, circonscrive une demande, ou bien une disponibilité à payer, à laquelle devra nécessairement correspondre une offre en termes de services.
Il existe toutefois des territoires de la Toscane dans lesquels ce processus ne s’est jamais activé malgré la présence importante d’un patrimoine historique et naturel, pendant que d’autres zones aux paysages caractéristiques, comprises comme l’ensemble des ressources naturelles et d’un riche patrimoine d’édifices historiques, sont déjà entrées dans une phase de risque potentiel dû à l’application d’un modèle de développement intensif.
Dans le cadre du projet MéRITE, à part les thèmes des villas de Lucques, seront donc examinées particulièrement deux différentes zones rurales pour lesquelles la qualité des ressources présentes a déterminé jusqu’à présent des dynamiques profondément différentes: la zone définie “la Città del Tufo” (la Ville du Tuf) dans la Toscane méridionale et le Chianti.
LA CITTA’ DEL TUFO (LA VILLE DU TUF)
La campagne Senese
Dans l’organisation de l’espace du Plan de Coordination Territoriale de la Province de Grosseto, le terme de "La Ville du Tuf" identifie le domaine des Communes de Castell'Azzara, Sorano et Pitigliano dont le caractère commun est représenté par la présence significative du tuf, qui a désigné, et désigne encore l’environnement, l’histoire et l’économie de ces territoires en caractérisant l’aspect du paysage naturel et celui des édifices. De tuf sont les villes antiques et les documents de la culture, sur le tuf les produits de l’agriculture, de tuf les collines sur lesquelles les communautés locales ont adapté leur vie.
La qualité de ce territoire dérive non seulement de l’existence d’un patrimoine archéologique exceptionnel, mais aussi de la présence de nombreux centres historiques, souvent bien conservés, d’objets manufacturés liés à l’activité traditionnelle de l’excavation du tuf et , plus récemment, du repérage de zones d’un intérêt géologique particulier. Une telle présence de ressources culturelles et naturelles, auxquelles s'ajoute également une activité agricole orientée vers la production de vins de qualité, n’a pas été capable malgré cela de développer jusqu’ici une économie significative dans le secteur touristique qui reste encore lié à des flux exclusivement de transit.
Ce contexte peut donc représenter un échantillon territorial intéressant sur lequel élaborer les lignes d’un programme de valorisation qui, en partant de la reconnaissance de toutes les ressources culturelles et naturelles présentes et des orientations de programmation très structurée, détermine les actions nécessaires pour augmenter la capacité de rendement du système économique local à travers la recherche de synergies et d’une plus grande rationalisation des différentes mesures de soutien économique.
Le projet peut constituer en outre un support adéquat aux organisations locales pour la définition des lignes de programmation pour le développement de leur territoire dans le cadre de la révisionde leur plans d'aménagement, en consentant en outre d’expérimenter des modalités innovatives dans l’élaboration d’instruments pour la gestion du territoire, interprétés jusqu’à présent le plus souvent comme un ensemble de prescriptions et de liens, qui assument la valeur de générateurs de projets et d’opportunités de développement.
LE CHIANTI

Villa Corsini
Le Chianti représente, à l’extérieur comme à l’intérieur des frontières régionales, un des premiers et des plus significatifs exemples d’une valorisation économique liée à la ruralité d’une zone qui, depuis longtemps, constitue une destination touristique et également autonome par rapport aux pôles d’attraction représentés par les villes d’art voisines, en vertu de l’image de qualité liée à son paysage et à ses produits typiques. Exemple donc d’un modèle de développement déjà confirmé qui peut offrir différents points de réflexion pour commencer à tracer un bilan des effets territoriaux, économiques et sociaux induits, tant sur un plan positif que négatif.
Si, comme quelques études le soutiennent, le cycle de production lié au tourisme dans le Chianti se trouve actuellement à la fin de la phase de “consolidation” et qu’ainsi quelques caractéristiques du “développement intensif”, commencent à se manifester, peut se dessiner alors le risque d’une tendance évolutive dans laquelle ce cycle de production peut compromettre dans l’ensemble les ressources qui constituent l’origine même des valeurs d’attraction de la région.
Il peut donc en résulter intéressant réfléchir sur les effets induits jusqu’à présent sur le territoire et monitoriser l’évolution d’un tel processus cherchant à comprendre de quelle manière il est possible de continuer à exercer ses effets positifs en restant toutefois à l’intérieur d’un parcours de soutenance qui, toujours plus, doit être comprise non seulement dans un sens environnemental, c’est-à-dire comme garantie de renouvellement des ressources, mais également dans un sens social et économique dans le but de consentir une "cohabitation" équilibrée du tourisme avec les autres activités humaines et une égale distribution des bénéfices et des coûts d’une telle activité sur le territoire et entre les divers composants des sociétés locales.
Fonti delle illustrazioni
La foto di cui all'immagine n° 1 è di Cinzia Gandolfi
La foto di cui all'immagine n° 2 è del Gruppo fotografico Pientino ed è tratta dalla pagina web: www.parcodellavaldorcia.comLo schema di cui all'immagine n° 3 è una rielaborazione a cura di Alessandro Rafanelli tratta dalla ricerca condotta dall'Istituto Regionale per la Programmazione Economica della Toscana (I.R.P.E.T.) pubblicata nel volume a cura di L. Bacci "Sistemi locali in Toscana. Modelli e percorsi dello sviluppo regionale", Franco Angeli, Milano 2002, pag. 208
Le foto di cui alle immagini nn° 4 -6 e 7 sono di Maurizio Pompignoli
L'immagine n° 5 è tratta dalla pagina web: www.sovana.com
S.D.E.E. approuvé à Postdam en mai 1999.
La Convention Européenne du paysage a été signée à Florence le 20 octobre 2000.
L.R. 16 janvier 1995, n.5 "Norme per il governo del territorio" (Normes pour le gouvernement des territoires)
L.R. 17 octobre 1994, n.76 "Disciplina delle attività agrituristiche" (Discipline des activités agro-touristiques)
L.R. 16 avril 1995, n.64 "Disciplina degli interventi di trasformazione urbanistica ed edilizia nelle zone a prevalente funzione agricola" (Discipline des interventions de transformation urbaniste et du bâtiment dans les zones principalement agricoles)
L.R. 5 mars 1997, n.15 "Salvaguardia e valorizzazione delle attività rurali in via di cessazione" (Sauvegarde et valorisation des activités rurales en voie de cessation)
L.R. 13 août 1996, n. 69 "Disciplina delle strade del vino" (Discipline des routes du vin)
15 avril 1999, n. 25 “Norme per la valorizzazione dei prodotti agricoli ed alimentari ottenuti con tecniche di produzione integrata e tutela contro la pubblicità ingannevole” (Normes pour la valorisation des produits agricoles et alimentaires obtenus avec des techniques de production intégrée et protégée contre la publicité trompeuse)
L.R. 13 août 1998, n. 60 "Tutela e valorizzazione degli alberi monumentali" (Tutelle et valorisation des arbres monumentaux)
L.R. 21 mars 2000, n. 39 "Legge forestale della Toscana", poi modificata con L.R. 2 gennaio 2003, n.1 (Loi forestière de la Toscane, puis modifiée avec L.R. 2 janvier 2003, n.1)
Le Plan d’Orientation Territorial a été approuvé par l’Arrêté du Conseil Régional n. 12 du 25 janvier 2000
Le Plan de développemnt rural de la Toscane 2000-2006 a été approuvé par l’Arrêté du Conseil Régional n. 1033 du 3 octobre 2000
Une importante contribution pour la compréhension des dynamiques de développement des systèmes locaux toscans est constitué par la recherche menée par l’Institut Régional pour la Programmation Economique de l Toscane (I.R.P.E.T.) publiée dans le volume par les soins de L. Bacci "Sistemi locali in Toscana. Modelli e percorsi dello sviluppo regionale", Franco Angeli, Milano 2002.
R. Pagni “Il ruolo dell’agriturismo e del turismo rurale nello sviluppo sostenibile del Chianti”, (Le rôle de l’agro-tourisme et du tourisme rural dans le développement soutenable du Chianti)L.S. Olschki éditeur, Florence 2000
