Project Mérite
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7.1 Provincia di Lucca
Le cluster MéRITE des Villas Lucquoises
Francesca LAZZARI

Le complexe territorial des villas, dans la Province de Lucques, représente un élément de cognoscibilité et d’importance considérable parce qu’il s’agit d’un important phénomène, diffus et qui, même territorialement, a caractérisé de façon tout à fait singulière le territoire même. Le complexe territorial des villas, le phénomène d’implantation de la villa dans le contexte rural sur tout le territoire provincial a été examiné et étudié par l’Administration Provinciale à partire de la fin des années soixante-dix et aussi à la lumière de certaines études qui avaient été faites par les autres institutions, par la Chambre de Commerce, et en particulier par la Direction des Biens Environnementaux de Pise. Successivement, cet argument a été approfondi, quand l’administration s'est réunie pour son propre plan territorial de coordination et a fait l’objet d’une étude spécifique qui fait partie du cadre cognitif de ce même plan territorial. A la lumière des considérations issues de cette étude et des évaluations qui ont amené à la cognoscibilité territoriale de ce complexe est née, dans la phase actuelle, ce que nous appelons la phase de gestion de notre plan territorial de coordination. L’idée est née, l’exigence surtout de comprendre comment ces complexes, comment ces biens architecturaux peuvent être réutilisés de façon adéquate en fonction d’une revitalisation du contexte rural et du contexte agricole, à l’intérieur desquels ils s’insèrent.Le projet Mérite, qui est l’acronyme de « Mediterraneo - rurale di eccellenza – innovazione - territorio - impresa » (Méditerranée - rurale d’excellence - innovation - territoire - entreprise), a donc été promupar la province de Lucques grâce à cette volonté d’étudier un modèle qui conjugue, qui réunit des orientations de planification territoriale et de développement économique soutenable et qui réponde également aux exigences de récupération et de valorisation du patrimoine architectural d’intérêt historique, testimonial de promotion de l’économie rurale et pour laquelle ces implantations peuvent en constituer le moteur. La ruralité et l’économie rurale sont les plus grands thèmes auxquels Mérite s’intéresse en se joignant aux objectifs d’autres programmes européens qui interviennent dans les zones rurales, et en particulier des programmes leader, et avec une politique de fonds structuraux dans le cadre de « Agenda 2000 ».

Ce discours est accompagné par une série d’images qui veulent montrer à quoi ressemble l'implantation territoriale en “Lucchesia” et ensuite nous passerons à la présentation de certains exemples de villas qui caractérisent notre territoire.

Le thème du projet est la promotion d’un développement – innovateur - des zones rurales avec des caractéristiques d’excellence, sur base d’une économie rurale de plusieurs activités pour la production d’un revenu supplémentaire, pour le renforcement de la société rurale et pour la sauvegarde du patrimoine culturel matériel et immatériel. Le plan de développement rural de la Toscane précise une réalité régionale où il existe de nombreuses structures de constructions. Plusieurs d’entre elles sont agricoles. Elles ont des caractéristiques architecturales significatives qui, par une diversification des activités qui les caractérise, par une multi-fonctionnalité de l’entreprise, pourraient jouer un rôle fondamental dans le domaine du développement des aires rurales et constituer en même temps, par rapport aux services spécifiques (culturels par exemple), un moyen d’amélioration de la qualité de la vie en termes d’opportunités aussi bien dans les zones urbaines que dans les aires périphériques. Ce phénomène, en particulier dans la province de Lucques, précisé par le plan de développement rural régional, assume une apparence spécifique et caractéristique en tant que patrimoine construit dans les aires agricoles et bien souvent il se caractérise par des structures de constructions d’une valeur historico-architecturale particulière. Voici quelques exemples d’excellence architecturale qui, dans le contexte de référence avec lequel ils sont indissolublement liés et intégrés, constituent des centres d’économie rurale qui méritent attention, étude et valorisation. Le plan territorial de coordination de la province de Lucques, comme je l’ai dit précédemment, reconnaît dans le complexe des implantations qui caractérisent et spécifient le territoire provincial, des milieux construits avec une référence particulière au complexe d'implantation de la villa lucquoise, qui par sadimension, son homogénéité et sa diffusion minutieuse, représente la plus importante l’invariante structurale du territoire provincial.

Sur cette cartographie (cartographie construite pour la formation du cadre cognitif du plan territorial dans la zone étudiée, celle de la Tura), on a individualisé le complexe territorial le plus caractérisé par la présence des villas. Comme vous voyez, c’est un complexe vaste qui comprend l’entière arcade collinaire qui entourent la ville de Lucques (qui se trouve au centre de l’image) et qui, au nord, s’étend de la limite avec la province de Pistoia, au bord à droite de l’image, jusqu’à la ramification du complexe de colline du Quiesa et donc qui s’étend vers la Versilia, sur le complexe de collines du Quiesa et puisà travers les communes de Massa Rosa, Camaiore et Pietrasanta, jusqu’à s’insérer dans le complexe côtier de la Versilia. Au sud de la ville, nous avons l’aire la plus intéressée par la présence d'implantations des villas, et ce jusqu’au complexe des monts qui s’étendent de la ville jusqu’au long des premières ramifications des monts pisans.




Le paysage des Villas Lucquoies

Dans les différentes répartitions territoriales, aussi bien de la plaine lucquoise que des premiers complexes de collines sur les versants nord et sud, des ramifications collinairesdes collines du Quiesa et du complexe “versilien”, la typologie de la villa lucquoise explicite ses formes et ses caractéristiques architecturales et son rapport avec le territoire sans diversifications substantielles, sous le profil de l’influence sur le paysage ou sur le milieu naturel ou de toute façon anthropique, dans le sens que sa présence constitue un élément d'importance et d’urgence au point de caractériser l’unicité de la physionomie du lieu. C’est-à-dire que ce n’est pas qu’on assiste à des diversifications particulières dans le rapport qui s’est instauré ente la villa et le contexte territorial de référence de toute la province; ce n’est pas que l’aire versilienne ou que celle des collines lucquoises présentent des caractéristiques d’un point de vue de l’implantation urbanistique essentiellement différentes. Le rapport qui s’est instauré est toujours le même. C’est pour ceci que le plan territorial de coordination reconnaît l’articulation complète des implantations comme un complexe. On peut encore aujourd’hui reconnaître les matrices organisatrices du territoire de référence, le rôle prédominant et ordonnateur que ces structures ont par rapport au dessin du paysage collinaire et de sub-collinaire lucquois. Dans un ensemble continu de renvois visuels, une sorte de lunette d'approche met continuellement en relation la plaine avec le complexe collinaire. Les villas qui se trouvaient dans des positions évidemment privilégiées, dans les parties plus élevées par rapport aux zones de plaine, jouissaient d’une vue splendide sur la plaine, sur les airs lacustres, les côtes qui caractérisent la plaine, mais aussi sur le complexe sous-jacent articulé qui ponctue d'importants complexes, eux aussi constitués d’un ensemble de maisons de campagne, d’engins et de cultures qui sont encastrés avec les parcs des villas. Les renvois visuels parmi divers domaines territoriaux sont donc aussi une caractéristique qui mérite d’être étudiée, valorisée et entretenue parce qu’elle représente, elle aussi, une unicité de ce territoire, parce que ce complexe de renvois visuels permet une perpétuelle découverte de paysages et de complexes territoriaux à haute valence environnementale et représente un élément essentiel de la jouissance du complexe de la villa ainsi qu’une référence essentielle pour l’appréciation des biens architecturaux. Nous considérons donc (et ceci est également explicité dans le plan territorial de coordination) que cet élément est un élément à reconnaître, entretenir et valoriser parce qu’il constitue un des éléments fondateurs du complexe des villas et qui fait des villas lucquoises un phénomène de grande particularité et de spécificité. La consistance et la position éparpillée de cette ressource culturelle (que l’on considèrecomme un réseau de biens culturels) est étroitement intégrée dans le territoire agricole environnant.



Les Villas et leur environnement

Le P.T.C. qui a reconnu ce phénomène contient, dans son corps normatif, des directives pour que les communes, avec leurs propres instruments urbanistiques, reconnaissent la structure historique originale des implantations et la considère comme matrice pour les opérations de requalification et de composition des implantations éparpillées sur le territoire, en posant et en maintenant une attention particulière sur les relations que cette implantation a avec le milieu qui l’entoure dans son contexte territorial. L’implantation historique, qui dans certains cas peut être négligé ou dégradé, et parfois même le territoire agricole a lui aussi malheureusement subi des processus d’altération et de dégradation, constituent encore aujourd’hui des références autour desquelles il est toutefois possible de soigner la réorganisation des implantations et donc de programmer aussi le nouveau dessin du territoire.



La Villa. Les origines

La villa, depuis ses origines, s’est présentée comme une réelle entreprise agricole et, avec son organisation des espaces de pertinence, villa avec jardin et court et les engins agricoles, elle est l’expression d’un projet au niveau des paysages en termes d’architecture totale. L’histoire de Lucques, des architectures et des villas, compte plusieurs exemples considérables d’architectures où les architectes des différentes époques ont réussi à exprimer les tons les plus élevés de leur projet en soignant la réalisation de complexes placés dans un complexe où chaque élément architectural trouve une relation précise avec la structure orographique et géomorphologique où il s’insère.

La situation du palais ou de la villa, des jardins et des escaliers de la campagne environnante, devient une structure qui ordonne et hiérarchise les espaces et les fonctions. Les oliveraies et les vignobles, les potagers, les fermes, les maisons de campagne etles étables qui en proviennent, parce qu’ils représentent une conséquence de la présence de la demeure résidentielle, ne se présentent pourtant pas dans un rapport de servitude par rapport à l’autorité du patron, mais au contraire ils augmentent la signification même du bien. Et les structures qui se trouvent autour de la villa sont donc une connotation d’un vrai complexe urbanistique, un microcosme, un petit bourg doté d’une structure socio-économique presque complète grâce à la présence d’une pluralité d’activités qui assurent la subsistance économique. Et ce, depuis leur installation, on peut (on essaye de) démontrer la référence entre la villa et son contexte agricole, les terrains cultivables, les engins, qui constituent ce petit complexe urbain bien articulé et qui, du moins au départ, réussissait à garantir une autosubsistance. En effet, les structures qui gravitent autour du complexe des villas représentaient cet élément d’implantation d’activités complémentaires à la résidence qui garantissait aussi la permanence du déroulement même des activités agricoles. Le fait d’avoir une résidence en campagne, au centre d’une vasteparcelle de fermes ou de terrains, a représenté dans la réalité lucquoise un réel phénomène qui, au seizième siècle, a intéressé une bonne partie des familles lucquoises et symbolisait presque un état acquis et une façon de vivre bien précise




Villas Lucquoises d’excellence

Les familles les plus riches, les plus en vue, avaient carrément construit plus d’une villa, dans différentes positions et divers emplacements plus o moins près de la ville, dans des positions plus ou moins prestigieuses. Et pour la classe riche et puissante qui, à l’époque, était au sommet de son influence économique et politique, la propriété foncière représentait dans l’économie familière une valeur productive. L’expression d’une politique de différentiation des ressources d’où vientl’exigence des choix des meilleurs terrains, des terrains les plus fertiles, ceux situés dans des positions privilégiées et bien exposés. C’est justement à cause de cette origine étroitement liée à un investissement productif et à une amélioration des activités agricoles, que la villa n’est pas uniquement considérée comme une résidence de distraction et de repos, mais elle est vue avec la présence de la prestance du propriétaire au centre de ses possessions, propriétaire qui tend à maintenir le contrôle direct sur le bon déroulement de la production et qui, par son activité, organise et ordonne la campagne environnante.

Dans les traités du seizième siècle, et en particulier dans celui de Sanminiatiqui a fait à l’époque un traité agricole et où il a parlé également de l’édification des palais en villa, la vocation agricole et productive de la villa lucquoise devait trouver sa codification. La place de ce traité au sein d’un traité d’agriculture plus vaste, témoigne de comment déjà à l’époque, époque de l’implantation d’une bonne partie des villas, ce concept d’agriculture et de villas était étroitement lié dans la mentalité de l’époque.



Villas Lucquoises d'excellence

Le propriétaire commanditaire est une présence forte, il est décidé à influencer activement et de façon déterminante également sur les choix architecturaux de construction de la villa. Et donc, émergent ces éléments spécifiques au mode de vie dupatriciat lucquois, qui a déterminé l’aspect extérieur de la villa où en général a prévalu, dans les constructions, l’austérité et l’essentiel, une simplicité et sobriété des lignes et des formes. C’est ce que Sanminiati définissait à l’époque “le palais en villa”, c’était justement un complexe agraire comprenant des champs cultivés et des zones sauvages avec des maisons de paysans et la demeure du seigneur. Et la villa représente le centre de l’organisation du fond agricole.

Et en effet, c’est depuis la fin du seizième siècle que la villa commence à avoir une valeur plus prestigieuse. Et ainsi les constructions qui sont construite ex novo, que les remaniements des demeures existantes réalisés au dix-septième siècle, ont produit des exemples d’architecture admirables et généralement équipés de jardins et de parcs importants. Et ceci témoigne de cette tendance à perdre son caractère agreste original pour devenir une demeure de représentation et de prestige. C’est à cette époque que le jardin de la Renaissance est chargé d’effets de dècors de théâtre et revêt toujours plus de caractères voluptuaires. Et à ce moment-là, la villa n’est plus un phénomène qui concerne une vaste classe mais elle se réfère uniquement à une sphère d’élite, liée aux affaires de la Cour. Et c’est depuis cette époque que naissent les villas qui ont des aspects architecturaux plus prestigieux, jusqu’au dix-neuvième siècle avec la villa des napoléoniens à Marlia, la villa de Paolina Bonaparte à Monte San Quirico et la villa Paolina de Pompignano, où de la terrasse de la villa vers le jardin - jardin avec l’aménagement typique « à l’italienne » -on jouit d’une vue sur la plaine, vers les monts pisans, et donc vers le littoral.

Les volumes édifiés, les perspectives panoramiques, les tracés des sites ont donc formé de vrais modèles d’implantation articulés et indissolubles dans le milieu lucquois et le langage architectural récurrent dans le dessin des parcs et des jardins a constitué une expression stylistique authentique. Entre le seizième et le dix-neuvième siècle, dans la plaine de Lucques ainsi que dans les collines lucquoises, on a réalisé un système de paysages agraire à mailles toujours plus serrées où les villas, avec les parcs et les jardins plus ou moins monumentaux, les allées arborées, les petits bois et les enceintes, représentent le tissu conjonctif auquel se relient les maisons de campagne, les cultures mixtes,en général consacrées aux vignes et aux oliviers, les transformations hydrauliques agraires, les voies champêtres, les tabernacles, et toute une série d’éléments qui constituent plutôt la décoration mais qui représentent un contexte univoque et indissoluble par la présence de la villa. Nous voyons ici l’implantation. En général ces longues allées, permettant l’accès à la propriété, marquent sans


Plans historiques des Villas

aucune équivoque le territoire lucquois et sont encore aujourd’hui, dans la plupart des cas, reconnaissables et visibles à une lecture territoriale attentive et ces signes du territoire, ces éléments qui ont réellement forgé, dessiné et modelé le territoire lucquois sont encore aujourd’hui clairement lisibles et reconnaissables. Donc de ce bref excursus - que nous avons faità propos du comment la complexité de cette implantation en villa s’est précisée et définie - on peut déduire l’élément “remorqueur ” qu’on peut ramener à chaque période historique au fait que l’édifice et ses annexes forment un complexe unitaire et coordonné où la villa constitue, dans l’organisation du paysage du complexe, un pôle, un centre visuel indissolublement lié au complexe des pertinences vertes et des terrains cultivés, des annexes avec lesquelles ils définissent un étroit rapport de complémentarité et dont la présence ne constitue pas une dépendance hiérarchique, mais une complémentarité essentielle et un support pour l’économie du complexe architectural.

Cette implantation urbanistique, ainsi articulée et grandiose, a donc été en mesure d’influencer l’ordre du paysage dans le complexe de référence. On peut clairement affirmer que le complexe urbanistique de la villa ne s’insère pas dans un contexte territorial, mais le dessine, le forge, le moule, en conditionne la chaîne agraire etla trame variée.



Villa Lucquoise

Nous avons aussi parlé précédemment de la viabilité, qui est un thème stratégique dans le dessin territorial de la “Lucchesia” et qui est l’élément qui, plus et qui saute aux yeux sur les cartographies, même de la lecture des cartographies et des cadastres historiques, réussit à caractériser le complexe de la villa et les grandes allées d’accès et la viabilité de liaison avec la ville. Il est important de reconnaître ce système de liaison et ce réseau de viabilité qui pose et relie le centre de la ville avec les complexes des villas avec les centres qui sont disloqués sur tout le territoire, ceci est l’élément qui caractérise fortement le paysage lucquois et ce sont ceux-ci les éléments qui constituent la matrice profonde qui identifie la forme la plus authentique et originelle du paysage lucquois et imposent de prêter attention au rapport qui s’est installé et maintenu, comme nous l’avons vu sur les images récentes, ce rapport encore lisible qui s’est maintenu entre la villa et son entourage, édifié ou cultivé, afin qu’il soit sauvegardé le plus possible par des transformations urbanistiques liées à une pression anthropique dérivant d’instruments urbanistiques peu attentifs à la lecture territoriale et non adéquatement voués à la sauvegarde de ces ressources.

Justement pour conjurer ce danger, même si dans la plupart des cas les communes avaient déjà commencé à étudier, depuis la moitié des années 70,ce phénomène, à le cataloguer et à le reconnaître, et donc plusieurs constructions, aussi parce qu’ils sont placés sous un lien de paysage de la loi 1089 de 1939, ils ont maintenu presque intégralement leurs formes originales. Ce qui, dans certains cas, a été perdu à cause des transformations urbanistiques des années 70, 80 et suivantes, est justement lié dans certains cas à l’agression des urbanisations dans les complexes territoriaux dans le domaine des terrains cultivables ; il s’agit de lotissements, d’implantations industrielles qui ont intéressé aussi les ramifications, les zones qui constituent la référence des villas. Pour conjurer ce danger et pour que ceci ne puisse pas se reproduire, le plan territorial de coordination a étudié ce phénomène et l’a reconnu dans ses propres instruments urbanistiques en dictant des directives précises afin que les communes s’adaptent et même s’améliorent et acquièrent les connaissances sur le système d’implantation de la villa.


Partie du cluster des Villas lucquoises

Une fois ce phénomène reconnu, au niveau de la programmation se pose le problème du maintien de ce patrimoine dont l’usage revêt une importante fonction de défense du territoire et où le danger d’abandon conduit à l’appauvrissement d’une ressource et la perte d’une extraordinaire valeur historique testimoniale dont l’exemplarité, et je dirais même la réelle unicité en son genre, se fonde justement sur cet ensemble, sur ce système de réseau qui vante, dans la province de Lucques, quelques centaines d’exemplaires,puisqu’il s’agit d’environ 500, ou peut-être même plus, complexes plus ou moins importants.

Les problématiques liées à une possibilité de récupération, de valorisation et de promotion économique du bien sontnombreuses et complexes. En général, on peut dire que la typologie architecturale, les dimensions et la nécessité continue d’entretien rendent improposable la villa lucquoise comme résidence permanente. Les coûts élevés de gestion conduisent à des formes de parcellisation de la propriété et de l’unité immobilière souvent irréversible et quasi toujours néfaste à la conservationdes caractéristiques architecturales.

Il faut donc promouvoir des modèles innovateurs de développement économique compatibles avec les caractéristiques d’excellence de ce patrimoine, capable de produire un revenu supplémentaire adéquat qui peut en garantire l’entretien,la valorisation et même le support à un développement renouvelé de l’entourage agricole. Il faut miser sur la valorisation du système dans son propre complexe parce que celle-ci est plus connotative qu’une spécificité territoriale dont la complexité et la grandeur peut assumer une réelle capacité à promouvoir des politiques locales de développement et n’importe quelles hypothèses de valorisation et de récupération du patrimoine doit tenir compte de ses caractères d’unicité, d’originalité, de suggestionqui sont témoignés par une approche non pas au seul élément mais à l’ensemble, à la scène territoriale et du paysage, à la possibilité de retrouver dans ces complexes le « genius logi » capable de restituer au visiteur les significationset les émotions qui dérivent de la plus profonde identité du territoire, c’est-à-dire que ces éléments doivent représenter un fondement indiscutable, dont il faut absolument tenir compte, de reconnaissance du système territorial même, constitue un élément essentiel du statut des lieux que chaque instrument urbanistique communal doit reconnaître sur son territoire ettenir en étroite considération comme un élément fondamental sans lequel cette réalité territoriale en perdrait les véritables signalements.


Le cadastre historique

Le projet Mérite, a pour objectif de diversifier l’économie rurale, de dépasser le modèle d’exploitation mono-fonctionnelle et de promouvoir de nouvelles activités qui, en partant de potentiels endogènes sociaux, culturels et environnementaux, présents au niveau local, impliquent les acteurs locaux et encouragent l’échange d’expériences avec d’autres régions, conduiront à la définition de nouveaux modèles de développement.

Mérite veut individualiser des territoires sélectionnés, dans les zones méditerranéennes d’excellence, où il existe des exploitations qui ont une importante valeur historique et au niveau du paysage, même d’un point de vue architectural, et en partant de ces réalités on veut arriver, par une action de confrontation entre les pays de la zone méditerranéenne, y compris le Magreb, à définir des modèles d’intervention normalisés, qui peuvent constituer des références valables pour les entrepreneurs qui veulent renouveler leur exploitation et s’insérer dans des canaux de marché nouveaux et alternatifs.

L’entreprise est considérée non seulement dans sa spécificité économique agricole, mais aussi comme un point d’appui potentiel pour le développement d’activités artisanales,culturelles, touristiques et de services autour duquel gravite tout le tissu économique et social des zones rurales avec même des répercussions sur les zones urbaines.

Cette problématique intéresse une multitude de niches rurales des régions méditerranéennes de la côte nord et de la côte sud, avec des potentialités, comme retenu par la Province qui a présenté le projet, mais qui a aussi fait l’objet de confrontation avec les partenaires qui ont ensuite développé et adhéré à ce projet, qui encore aujourd’hui ne sont pas souvent développées de façon adéquate. La ruralité et l’économie rurale sont les deux grands thèmes sur lesquels s’insère le projet Mérite en se reliant étroitement aux objectifs des programmes européens et, nous l’avons dit au début, qui impliquent les zones rurales et les programmes leader et la politiquedes fonds structuraux.

Ce projet est parfaitement en accord avec les principes de la Déclaration de Cork, de 96 sur le développement des zones rurales et avec les lignes de direction de la Déclaration de Barcelone de 95 qui indique la perspective de la création d’une zone euro-méditerranéennede libre échange, dans laquelle on peut activer une plus grande cohésion économique, sociale et culturelle. Le type de partenariat, choisi pour ce projet, a pour but de promouvoir un échange de bonnes pratiques, un échange de connaissance par rapport aux exemples d’excellence parmi les pays de la zone du Medoccet ceux de la zone Meda, en facilitant ainsi la définition d’un réseau de partenariat méditerranéen et des nouveaux outils d’intervention, qui est l’objectif principal du programme Interreg. IIIb Medocc.

Comme partenaires, à part la Province de Lucques, chef de file des partenaires, il y a : la région Toscane, la régionAlgarve avec Vila Real de Santo Antonio au Portugal , la région de l’Andalousie en Espagne avec Estepa, la région Basilicate avec la Valle d’Agri, la région Sicile, la région du Languedoc Roussillon en France et la région de Tanger-Tètuan au Maroc. En plus, la Chambre de Commerce italo-arabe participe comme partenaire technique du chef de file et coordonne la participation avec les autres régions du Magreb.

On essayera d’atteindre une concertation sur le projet entre les différents partenaires et l’échange initial des expériences que chaque territoire doit amener et partager avec les autres partenaires. Durant les deux premières phases du projet et trois sessions plénières de travail, on déterminera les datations  des différents territoires. On produira deux rapports : un portfolio raisonné qui comprendra l’évaluation et la comparaison des expériences des différents partenaires, en précisant les éléments de force que chaque expérience amènera, dans une phase B, où on déterminera les recommandations et les indications de méthode et où seront indiqués les critères pour le déroulement des démonstrations locales encadrées par les objectifs du projet. Il y aura ensuite une phase de concertation préliminaire où chaque partenaire développera un cadre d’exploitation rurale, une pour chaque argument, pour chacune desthématiques du développement rural du tourisme soutenable, définies comme tourisme soutenable dans le service de l’artisanat et de la culture.

Suite à la conclusion de cette phase de concertation, il y aura une session plénière des partenaires où on arrivera à la définition de la concertation préliminaire et à la simulation, car une fois que sera défini le cadre des démonstrations, on accèdera à la phase de simulation dont les objectifs seront traduits en plans d’application et en sera vérifiée la faisabilité. Les partenaires élaboreront des plans de développement des exploitations avec la description des activités économiques déterminées comme produits, offres de services avec les modalités de valorisation, d’insertion sur le marché, les transformations nécessaires, le plan financier avec l’estimation de l’investissement nécessaire et un projet de gestion et de prévision des produits attendus, du retour attendu.

Suite à une nouvelle session plénière des partenaires, on pourra passer de la phase de simulation à la phase de codification et de modèles où les démonstrations, regroupées par thématiques horizontales, seront organisées de façon cohérente pour chaque argument et pour chaque thème. Les quatre partenaires responsables, désignés pour chaque thématique, seront appelés à normaliser les démonstrations qui auront été concertées et la codification consistera en une courte présentation qui utilisera les schémas qui deviendront, une fois l’accord atteint initialement avec les recommandations et les indications de méthode et les modèles, la référence pour la réalisation de l’exploitation de succès. Ils exposeront les modalités pour le dépassement des difficultés, pour le choix commercial le plus avantageux, pour les techniques de transformation de l’édifice, c’est-à-dire qu’ils définiront ce qui sera l’élément de référence et l’exemple à amener jusqu’à la vérification finale avec les partenaires.

On prévoit aussi la formation d’un plan durable appelé « Green Stars » qui représente la continuation, le maintien et la consolidation de l’expérience développée, pour que les résultats obtenus par l’étude et par le projet ne soient pas perdus mais, au contraire, améliorés et rendus opérationnels. Les produits du projet seront présentés lors d’une conférence finale qui se tiendra à nouveau à Lucques, à 2004. On y présentera les résultats de l’étude et il y aura le démarrage de cette association« Green Stars » pour la pérennisation des activités développées par l’étude.


Les Villas de Lucque
Francesco PRIVITERA

APT Lucca Camera di Commercio di Lucca « Villas Lucquoises » pag 6.

Comme l’a mis en relief la présentation de la participation de la Province de Lucques à la demande d’admission de MéRITE au programme Interegg III B, l’attention répandue qui se manifeste actuellement sur le territoire lucquois à l’égard du patrimoine culturel et monumental du système habitatif extra-urbain, est tout aussi considérable que l’importance déjà consolidée et reconnue accordée à la ville historique. Lucques, en effet, en plus de posséder un extraordinaire centre historique renfermé à l’intérieur d’un mur d’enceinte encore intacte, est fortement caractérisée dans ses zones extérieures, formées de plaines et de collines, par une succession ininterrompue de complexes d’habitations « les palais en villas » connus comme « le système des Villas lucquoises ».

Il s’agit d’un numéro élevé de demeures historiques, plus de trois cent d’importance majeure et mineure, que les marchands lucquois ont construit du XV jusqu’au XIX siècle, investissant des parts de leurs ressources financières tirées de leurs activités bancaires et du commerce développé avec de nombreuses nations européennes.

Le phénomène des Villas a concerné le territoire lucquois en tant qu’élément catalyseur d’une identité paysagistique spécifique et en tant que matrice historique de l’implantation habitative à l’extérieur des remparts de la ville: aspects qui se sont maintenus dans le temps et qui marquent profondément l’ordre territorial actuel de cette zone.

C’est le choix d’une situation dominante par rapport à son contexte habitatif de référence qui a contribué avant tout à déterminer les caractéristiques les plus structurées de l’importance de la Villa dans le paysage lucquois, souvent renforcé par la présence de vastes parcs et jardins privés, riches de typologies végétales exubérantes et recherchées ou par les longues allées des entrées principales bordées d’arbres qui représentent de véritables axes d’organisation visuelle et fonctionnelle dans le territoire environnant, car orientées de manière telle qu’elles connotent le parcours des routes qui mènent droit vers la ville.

En outre, dans ce processus de caractérisation du paysage lucquois, c’est l’extension du noyau habitatif appartenant à la Villa même ou plutôt l’articulation spatiale et la distribution de la propriété tout entière qui revêt une importance significative, et qui est constituée par l’édifice principal de la résidence estivale du propriétaire, lieu alternatif à la résidence hivernale située en ville, mais aussi par des bâtisses et des terrains nécessaires au développement d’une exploitation agricole qui prévoyait la construction intégrée de la ferme, des maisons de ferme, des aménagements agricoles, des cultures de vignobles et d’oliveraies, des zones forestières, des cours d’eau et d’un système étudié d’approvisionnement hydraulique.

L’habitat en Villa s’affirme comme un moment qualitativement important de l’expression architecturale locale, à travers laquelle se sont diffusées diverses solutions projectuelles pour la réalisation de façades, de terrasses, de porches, de salons, de fresques, de statues, de vasques, de fontaines, de nymphées, de pièces d’eau, d’oratoires, de formation d’arbres et de théatres-jardins qui infiltrent et diversifient les divers espaces que composent les lieux de la production et les lieux résidentiels et de distraction, trouvant des éléments de concordance entre l’environnement progetté par l’homme et la morphologie naturelle du territoire.

Le domaine où se diffuse les Villas et la zone où ce phénomène présente une fréquence majeure concernent géographiquement, en plus de la ville de Lucca, surtout les Communes de Capannori, Massarossa et Camaiore, toutes caractérisées par la présence de témoignages historiques et artistiques de grande importance, mais on peut aussi signaler certaines concentrations de Villas dans des zones d’intérêt paysagistique particulier, qui correspondent à d’anciens parcours routiers extra-urbains (encore en parti lisibles, malgré les interventions successives de segmentation du dessin de localisation originel). On peut en particulier relever certaines des agrégations les plus significatives dans les localités de Gattaiola-Vico Pelago, Monte San Quirico-Vallebuia, di Vorno, Marlia-Segomigno-Carmignano et de Santocchio-San Pancrazio, où le système environnemental des Villas a pris l’aspect d’un modèle de conurbation.

Les configurations typologiques et les composants architecturaux de ces complexes d’habitations reflètent l’expression stylistique des époques historiques de leur construction, mais il s’est également développer un langage architectural autonome qui a trouvé les formes les plus originales dans certains grands épisodes phares de l’histoire: comme dans la Villa Royale, résidence privée d’Elisa Baciocchi, sœur de Napoléon et gouverneuse de la Principauté de Lucca, et successivement de Maria Luisa de Bourbon, duchesse de Parme; comme dans la Villa Buonvisi- Oliva, de la Villa Mansi, de la Villa Torrigiani, de la Villa Bernardini et de la Villa Grabau, considérées parmi les résidences d’été les plus représentatives des familles patriciennes lucquoises et, plus généralement, de la culture et de la société de l’ancienne République.

Construites au seizième et dix huitième siècle, ces Villas ont connu au cours des siècles successifs des interventions d’agrandissement ou de restructuration des façades et de transformations des espaces verts des parcs et des jardins créant les conditions souhaitées pour accueillir les souverains et les ambassadeurs provenant des divers Etats européens.

Malgré l’attraction culturelle et l’intérêt historico-artistique que peut susciter ce vaste patrimoine, le début d’une activité de catalogage systématique et approfondi a commencé à se développer seulement au cours des années 70, avec l’exigence de la Direction générale des Biens Culturels et Environnementaux de se doter, dans l’exercice de ses compétences, d’un cadre informatif plus précis.

A partir de ces années là, et sur la base des connaissances acquises à travers l’étude et la recherche documentaire de tels témoignages, des politiques de tutelle et de sauvegarde du territoire des Villas ont commencé à être appliquées par les Administrations communales locales et contemporainement, en collaboration avec d’autres Organismes (Chambre de commerce, Province, Région de la Toscane) des actions de valorisation et de promotion des biens monumentaux plus importants sont réclamées. Tout cela dans le but de freiner le processus incisif de dégradation et de détérioration de l’intégrité physique des Villas, mais aussi d’altération des composants environnementaux de la structure habitative extérieure à la ville, induit dans l’après-guerre par les phénomènes accélérés de transformation sociale interne à l’ordre économique de la zone lucquoise et soutenu dans les décennies successives par l’expansion de l’urbanisation à caractère résidentiel et par les besoins des entreprises des secteurs productifs et industriels à la recherche de nouvelles implantations dans la zone de l’ancienne tradition agricole.

Les conditions actuelles de la tutelle architecturale et urbanistique et de l’attention environnementale portée au patrimoine des Villas Lucquoises a permis d’interrompre les tendances actives de mains mises des ouvrages et d’agression des caractéristiques du paysage, toutefois on ne peut pas la considérer comme une condition suffisante pour résoudre les problèmes liés à la conservation du patrimoine lui-même, ni même pour doter celui ci d’un parcours autonome de réutilisation et de canalisation des ressources financières en mesure de réactiver les circuits des intérêts d’investissement.

On doit en effet tenir compte du fait que la typologie architecturale, les dimensions, et les nécessités continues de manutention, rendent en générale difficilement proposable la Villa lucquoise comme résidence permanente, de ce point de vue on ne peut négliger que jusque là les seules initiatives entreprises par les propriétaires pour la valorisation du propre patrimoine immobilier, sont en parti non appliquées ou conditionnées, en terme de gestion tecnico-financière, par le coût élevé des charges pour la manutention des bâtiments et pour le maintien des espaces verts du parc et du jardin, qui représentent des aspects essentiels et qualifiants par rapport à des possibles jouissances publiques.

Dans une perspective de valorisation complète des Villas lucquoises il faut que mûrissent à travers le projet MéRITE les orientations et les connaissances nécessaires pour faire décoller des initiatives homogènes, en s’adaptant aux diverses exigences de la propriété, qui soient en mesure de défendre de façon adaptée les caractères d’"urgence" et d’unicité du patrimoine immobilier, posant dans des termes plus actuels et opérationnels le thème de la Villa comme ressource économique du territoire.
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