La Lozère
1. L’espace MéRITE local
Brève description du territoire et mise en évidence des particularités.

Les zones maraîchères

Les grandes cultures
1.1 Le territoire rural concerné, les infrastructures de communication, les constructions et l’utilisation du sol.
La Lozère est le seul des cinq départements de la région Languedoc Roussillon à ne pas avoir de façade maritime. Il est situé à une altitude moyenne d’environ 1000 m. Sillonné de vallées étroites et profondes, il comprend quatre régions naturelles : les Cévennes, la Margeride, l’Aubrac, les Causses Méjean et de Sauveterre. Les zones naturelles y occupent 77% du territoire ( dont 45% de forêts) soit le double de la moyenne nationale. Moins de 3 % de la superficie du département est urbanisée. La richesse des sites et des paysages sont qualifiés d’un niveau d’intérêt national dans la contribution régionale au schéma des espaces naturels et ruraux. L’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, touristiques et faunistiques recouvre plus de 60% du territoire.
Le département comprend deux arrondissements (Mende et Florac), 25 cantons, 185 communes et 89 établissements publics de coopération intercommunale.
Il se situe au carrefour de voies de communication majeures : l’autoroute A 75 qui relie Montpellier à Paris et les route nationales 88 et 106 allant respectivement de Paris à Marseille et de Toulouse à Lyon.
Les domaines qui nous concernent sont organisés par des dispositions à caractère communautaire, transposition des directives européennes, et par des dispositions propres à chaque Etat.
L’utilisation du sol.
L’affectation des sols est régie en France par les dispositions législatives et réglementaires suivantes :
L’utilisation de l’espace agricole et forestier est principalement organisée par le code forestier et par le code rural. En ce qui concerne l’espace agricole proprement dit, il y est également fait application des lois d’orientation agricole et de l’ensemble des textes pris pour la transposition en droit national des directives européennes, et en particulier de celles prises en application de la politique agricole commune.
Par ailleurs, l’ensemble du territoire français est couvert par les dispositions du Code de l’Urbanisme. Celui-ci impose le respect d’un certain nombres de principes généraux, récemment précisés en application des accords de Maastricht sur le développement durable (principes généraux d’aménagement, dispositions propres aux espaces littoraux et aux zones de montagne).
Il faut y ajouter les textes spécifiques réglementant l’utilisation de sols dans les sites classés et autour des monuments historiques protégés.
A ces principes généraux, se surajoutent, soit des dispositions localisées et dont la mise en place est décentralisée (Schémas directeurs ou Schémas de cohérence territoriale qui sont des documents à caractère d’orientation, Plans d’occupation des sols ou Plans locaux d’urbanisme et cartes communales qui définissent les mesures réglementaires applicables à une parcelle) soit, en l’absence de ces derniers, des dispositions générales subsidiaires (règle de la constructibilité limitée) dont l’application est déconcentrée soit au niveau communal (Maire agissant au nom de l’Etat) soit au niveau départemental (Préfet).
Les dispositions en matière d’urbanisme restent dans leur plus grande part spécifiques aux droits nationaux.
Toutefois, dans les espaces « naturels » des contraintes, liées à la protection de l’environnement sont la transposition en droit national de directives européennes, en particulier les espaces protégés du programme Natura 2000.
Enfin, les travaux affectant l’utilisation des sols sont soumis à des systèmes d’autorisation préalable dont le formalisme varie en fonction de l’importance : les DUP ou Déclaration d’utilité publique sont toujours du domaine de l’Etat, toutefois si les grands travaux d’infrastructure relèvent des ministères, les travaux de moindre importance relèvent du préfet de Département. Les autorisations concernant les autres procédures (ZAC, autorisation de lotir et de construire, déclaration préalable de travaux) sont soit déconcentrées auprès de la commune quand il n’y a pas de disposition locales spécifiques, soit décentralisées en cas de dispositions spécifiques.
La protection de l’environnement
Le droit de l’environnement, partiellement codifié dans le Code de l’Environnement, correspond pour une part à la transposition en droit national de directives communautaires. Il faut y ajouter les dispositions applicables en matière de lutte contre la pollution figurant au Code Général de Collectivités Territoriales, en particulier en matière d’organisation déconcentrée du traitement de la pollution, ainsi que les dispositions visant au contrôle des établissements incommodes et insalubres, dits établissements classés, dont l’application est déconcentrée au niveau départemental (Préfet). En France 4 ministères sont concernés par ce domaine : les ministères de l’environnement, de l’industrie (Service des mines), de l’équipement, de l’agriculture et des forêts.
1.2 Morphologie géographique, nature et patrimoine bâti.
La région des causses qui s'étend sur le quart sud-ouest du département, se caractérise par un relief karstique et un paysage de steppe. Ces hauts plateaux contrastent fortement avec les vallées profondes qui les bordent. Ainsi, le causse de Sauveterre est délimité au nord par la rivière le Lot et au sud par les Gorges du Tarn.
La densité de population y est faible, environ 3 habitants au km2 (14 pour le département et 84 pour la région Languedoc-Roussillon).
L'altitude y est élevée - 1000 mètres en moyenne- entraînant un fort changement avec les vallées profondes qui les jouxtent (point le plus bas dans la vallée : 410 m et point le plus haut sur le causse : 1247 m).
Les causses offrent un paysage d'aspect aride et minéral bien que le causse de Sauveterre, contrairement au causse Méjean, possède quelques belles forêts de résineux, suite à une politique récente de reboisement.
Mais cette aridité apparente cache une pluviométrie importante (850 mm d'eau par an) ainsi qu'un fort enneigement en hiver. En effet, l'eau fuit à travers les failles du calcaire et rejaillit sous forme de sources, plus bas dans les vallées, après avoir traversée de multiples galeries. Le sous-sol recèle ainsi de multiples avens qui font du causse un territoire de prédilection pour les passionnés de spéléologie.
Buis, genévriers, cheveux d'anges et orchidées constituent un panel de plantes caractéristiques des lieux.
La faible amplitude du relief de ces plateaux a généré la création naturelle de cuvettes fertiles auprès desquelles se sont édifiés les hameaux, à mi-chemin entre les zones cultivables et les parcours à moutons.
Architecture
L'activité des hommes et les paysages qui les entourent ont généré depuis des siècles une architecture particulière : l'architecture caussenarde.
La caractéristique première de cette architecture est la présence exclusive de la pierre et de l'utilisation de la voûte.
Aucune habitation en effet ne possède de charpentes en bois, trop fragiles pour soutenir des toitures de lauzes calcaire d'un poids moyen de 250 kg au m2. Les lauzes, pierres plates calcaires, sont uniquement calées sur la voûte par des pierres et de l'argile et leur dimension va en décroissant vers le faîte du toit. La jonction des toitures est complexe et des chenaux permettent de récolter et de conduire l'eau de pluie dans une citerne.
Les pignons en façade donnent un rythme caractéristique à l'édifice.
Les ouvertures sont de petite taille en raison de l'épaisseur des murs mais surtout, afin de ne pas bouleverser l'équilibre de l'ensemble de l'édifice, chaque pierre prenant appui sur ses voisines.
Les hommes ont dû faire face à l'absence de bois, pour construire des charpentes, mais aussi à l’absence d'eau ne permettant pas de faire face au moindre incendie. Le seul matériau à disposition sur place en abondance et facilement exploitable a toujours été le calcaire. L'homme a ainsi développé un vrai talent de bâtisseur dans ce milieu naturel hostile, construisant au creux d'un versant pour s'abriter du vent et face au soleil. L'appui à la pente a également permis de faciliter l'accès de plain-pied à certaines bâtisses telles que la grange. En effet, les fonctions d'habitation et d'exploitation dans le bâti traditionnel sont toujours réunies dans un même bâtiment qui s'élève sur trois niveaux.
Par ailleurs, la façade du logis doit indiquer la personnalité et le rang social du propriétaire. Le grand escalier et la terrasse, pouvant évoluer en galerie couverte parfois bordée de colonnade d'inspiration aragonaise, traduisent la richesse des lieux.
D'autres éléments architecturaux, situés dans l'enceinte de l'exploitation agricole, constituent le petit patrimoine lié à la mémoire des hommes et témoins d'une activité agricole révolue : four à pain, pigeonnier, aire à battre, etc.

le massif pyrénéen

la Côte dite Vermeille
1.3 Description sociale et économique du cluster rural MéRITE, population, principaux activités économiques, situation et tendances de l’agriculture de l’artisanat, de la culture et du tourisme.
A coté de l’agriculture qui ne cesse de perdre des exploitations, c’est aujourd’hui le secteur tertiaire (activités de service) qui anime l’économie départementale.
L’agriculture
15% de la population active du département est agricole contre 4% au niveau national. Le taux des jeunes exploitants est en croissance. Cette agriculture est une agriculture de montagne principalement tournée sur des productions d’élevage s’inscrivant dans des démarches de qualité. C’est pourquoi un tiers des agriculteurs sont engagés par contrat avec l ‘Etat et l’Europe pour la gestion de leur territoire. La surface agricole utilisée des exploitations représente 251 957 ha pour 3 082 exploitations.
Le tertiaire
Il représente 83% de l’emploi salarié avec un secteur sanitaire et social très important, une activité touristique affirmée et de nombreux commerces.
Les administrations, relevant de l’Etat ou des collectivités locales, y tiennent une part très importante, les services de l’Etat représentant à eux seuls 13,4% de la population active du département.
L’industrie
On comptait en 2000, 16 établissements d’industries extractives employant 1323 personnes et 230 établissements d’industries manufacturières employant 1855 personnes. Les industries occupent donc, avec le secteur de la construction, 15.56% de l’emploi salarié du département. La filière bois y est particulièrement importante avec une production annuelle brute d’1 million de mètres cubes et une récolte annuelle de l’ordre de 300 000 mètres cubes pour un chiffre d’affaires annuel de 54 millions d’euros. Des travaux de reboisement et de sylviculture (élagage, débroussaillement et nettoyage des coupes, création et entretien de pistes) accompagnent les travaux d’exploitation de bois, permettant ainsi un développement durable des surfaces boisées.
L’artisanat
Il totalise 20% de la population active du département (15% dans la région) avec 1956 entreprises dont 2 sur 3 sont en zone rurale. 21% de ces entreprises travaillent dans le secteur de l’alimentation, 38%dans le bâtiment, 17% dans la production et 24% dans les services. 62,4% des entreprises sont des entreprises individuelles et 76,6% sont des sociétés.
Pour ce qui concerne plus particulièrement le causse de Sauveterre, l'économie est essentiellement basée sur l'élevage d'ovins. Les pâturages immenses offrent un terrain propice à l'élevage extensif de brebis que l'on élève depuis deux siècles pour leur lait, nécessaire à la fabrication du Roquefort et de la fêta. Comme dans le reste du département de la Lozère, le nombre d'agriculteurs actifs et le nombre de nouvelles installations sont en baisse mais demeure cependant plus élevé sur le causse où beaucoup exerce la profession d'éleveurs.
Par ailleurs, le tourisme joue un rôle économique de plus en plus important amenant parfois un revenu complémentaire à l'exploitation (ex : chambres d'hôtes, vente de produits fermiers…). La proximité des Gorges du Tarn à la renommée internationale est aussi un élément favorable au développement de ce secteur.
2. Bonnes réalisations existantes
Présentation de la connaissance et des expériences déjà vécues dans le territoire concerné, même en dehors du cluster MéRITE.


Une côte basse et rectiligne
2.1 Commentaire des cas locaux de développement rural innovant.
Tourisme durable : L’opération « Bienvenue à la ferme »
Il y a plus de 30 ans que les agriculteurs ont développé des activités d’accueil touristiques sur leur exploitation afin de faire découvrir leur métier, de valoriser leur produit et de préserver leur patrimoine bâti. Pour répondre à leur désir comme à celui du public, toujours plus demandeur de qualité environnementale, alimentaires et de loisirs, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture a mis en place, en 1988, le réseau national « Bienvenue à la ferme ». Ce réseau est composé : d’un service de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, de relais « Bienvenue à la ferme » régionaux et départementaux, de 4 000 agriculteurs. Il assure : le développement de la marque et le conseil aux agriculteurs en les aidant à réaliser les choix les plus pertinents en terme d’activités d’accueil et en accompagnant le montage de leur projet, l’animation du réseau, le développement des relations avec les autres partenaires du tourisme rural. Il a en charge également : le développement de la politique de qualité avec la mise au point et la réactualisation de 9 chartes définies selon trois thématiques : Gastronomie, Loisirs et Hébergement ; la mise en place de grilles d’agrément et de contrôle nationales et de règlements intérieurs régionaux ; le contrôle des fermes en liaison avec des commissions de contrôles départementale ou régionale ; l’organisation de session de formation spécifique agrée portant notamment sur l’accueil, la réglementation sanitaire et social et sur les règles de sécurité ; la promotion du réseau avec l’organisation d’un week-end « Portes ouvertes » en avril chaque année, la publication des guides nationaux, régionaux et départementaux « Bienvenue à la ferme », la participation aux salons tels que le Salon International de l’Agriculture et, désormais, la création des sites Internet.
Services : les points «multi services»
Cette opération a été lancée en 1993 sur l’initiative du ministère chargé des petites et moyennes entreprises, du commerce et de l’artisanat, sous l’égide de la Délégation au commerce et à l’artisanat, en partenariat avec la Chambre Régionale de commerce et d’industrie, les Chambres de commerce et d’industrie, France Télécom et les préfectures départementales. Elle vise à favoriser le maintien des activités commerciales et artisanales en milieu rural, notamment par la vulgarisation d’outils informatiques et de télécommunication au service des très petites entreprises, des collectivités et des individus. Une association a été créée pour assurer la promotion et le développement des Points Multi Services en Languedoc-Roussillon. Elle propose à chaque commerce faisant parti du réseau : un micro-ordinateur, une imprimante, un télécopieur, un minitel, un photocopieur, un ensemble mobilier, une signalétique. Le commerçant est propriétaire du matériel et pour son financement, une subvention est accordée dans le cadre des fonds européens à hauteur de 30% pour les projets individuels et 50% pour les projets collectifs. Pour être accepté au sein du réseau, il convient de demander un agrément auprès de la Chambre de commerce et d’industrie de son département qui établit le dossier de proposition de site. Ce dossier est examiné par un Comité local d’examen qui se réunit à la Préfecture en présence des partenaires de l’opération. Après décision du comité, le commerçant reçoit une notification attributive de subvention qu’il pourra percevoir après présentation des factures de matériels dûment acquittées.
Aujourd’hui le réseau compte 100 PMS dans la région Languedoc-Roussillon dont 24 en Lozère.
Culture : Le musée de la cloche et de la sonnaille d’Hérépian (Hérault)
Hérépian est un village de 1300 habitants, situé le long des Piémonts des Cévennes et de la Montagne Noire . Le patrimoine culturel n’y a rien de particulièrement remarquable. L’idée d’y créer un musée de la Cloche et de la Sonnaille est née de la présence dans ce village d’une usine de fabrication de cloches dépendant de la même famille depuis 1600 et ce jusqu’en 1994. Jusqu’à une date très récente, cette usine était d’ailleurs la seule à fabriquer les trois sortes de cloches existant en France. Si cette production se portait bien dans les années 50, la concurrence internationale, essentiellement espagnole, et la diminution considérable du nombre de bergers rendit la production difficile. L’usine s’orienta alors vers la production d’objets en série et vers la fonte d’art. Dès 1991, l’Office Départemental de l’Action Culturelle sensibilisa la municipalité d’Hérépian sur l’intérêt de la conservation et de la présentation du savoir-faire de l’usine et l’idée d’un projet muséographique fut inscrite au programme du plan de développement des zones rurales (PDZR). Très tôt la dimension économique liée au projet apparut comme un élément déterminant dans son élaboration. En effet, la fragilité de l’usine n’échappait pas aux élus municipaux et il leur semblait qu'un grand projet culturel et touristique, tel que celui d’un musée, aurait des retombées économiques sur le maintien de la fonderie et l’implantation d’entreprises nouvelles. C’est dans ces termes que la plupart des partenaires pressentirent ce projet. C’est pourquoi il fut élaboré autour de deux éléments : la création d’un musée de la Cloche et de la Sonnaille et l’installation de la fonderie de cloches et d’art dans un nouvel atelier contigu au musée. La décision de réaliser un équipement de qualité permis à la municipalité de recevoir des aides financières importantes. Cet établissement présente deux particularités uniques en France : la réalisation d’un itinéraire complet adaptés aux non voyants, l’association d’un musée public et d’une entreprise privée.
Le musée se distingue par le contexte vivant et actif de l’usine à coté de laquelle il étudie les animations qui pourront aider l’usine à diversifier son activité vers la formation ou la fonte d’art qui correspond à ses souhaits.
Ce projet a des objectifs par essence distincts : conserver un patrimoine et des savoir-faire mais aussi maintenir une entreprise originale, encourager son développement, et dynamiser l'activité artisanale ou industrielle ainsi que le tourisme d'une commune et même d'une micro-région. C’est sans doute pourquoi il a pu réunir des acteurs aussi divers que des scientifiques, ethnologues et muséologues, un chef d'entreprise, des agents économiques et des représentants des différentes collectivités locales.
Artisanat : L’exemple de Saint-Quentin-la-Poterie (Gard).
La production céramique y est attestée depuis le 17ème siècle : c’est en effet à Saint-Quentin-la-Poterie qu’a été retrouvé et étudié le seul four en activité de cette période.
Fort de cette tradition, le village de Saint-Quentin-la-Poterie fait aujourd’hui parti de l’Archipel des métiers d’art (action destinée à mettre en valeur et à soutenir les activités des artisans d’art) et des « Villes et métiers d’art ». Il compte : 1 musée de la poterie méditerranéenne qui présente des collections de céramiques usuelles datant de la fin du 18ème siècle à nos jours, 13 ateliers de céramistes installés en permanence et employant 35 personnes,1 galerie privée qui développe une politique d’expositions temporaires intéressante, 1 marché de potiers regroupant plus de 120 exposants chaque année en juillet, 1 site web qui propose de la vente et une librairie en ligne, de nombreuses informations mais également des hébergements pour céramistes.
Au-delà de l’impact sur le village même, l’importance de cette activité a généré la création à proximité immédiate de Saint-Quentin d’un Centre de Formation des Apprentis des métiers des arts céramiques qui dispense en enseignement en « Céramique » et en « Décoration sur céramique de 2 ans ». La moyenne d’apprentis par promotion est de 24 élèves.
3. Besoins
Exposition des problèmes ciblés à attaquer.
3.1 Faiblesses structurelles et opérationnelles à attaquer et surmonter pour mettre en place les démonstrations MéRITE.
Le territoire du causse de Sauveterre s'avère être un lieu correspondant parfaitement aux critères de ruralité : une population faible, une activité agricole prépondérante dans l'économie et un environnement naturel préservé.
Le causse est également le témoignage des bouleversements économiques et des mentalités qui agitent le monde agricole actuel : présence de l'Europe de plus en plus importante à tous les niveaux (financement, labels…), population vieillissante et ne trouvant pas forcément de repreneur à l'exploitation, volonté des jeunes agriculteurs de ne plus être esclaves de leur métier, ceci entraînant le recours de plus en plus souvent à un salarié agricole et une ouverture sur les autres par le développement d'activités complémentaires telles que le tourisme.
Toutefois, l’entretien du patrimoine bâti qui témoigne d'un savoir-faire ancestral et siège de l'exploitation agricole ne figure pas dans les priorités de tous les propriétaires qui doivent avant tout faire face aux difficultés économiques que traverse le secteur agricole et aussi travailler avec des outils de productions modernes, pas toujours adaptables dans une architecture traditionnelle.
Parallèlement, on assiste à un réel engouement pour cette architecture traditionnelle et certains hameaux sont désormais la propriété exclusive de personnes étrangères, notamment beaucoup d'anglais, de hollandais ou d’allemands.
3.2 Objectifs à joindre avec les actions démonstratives locales.
Il apparaît clairement que les réalités économiques d'un côté et le respect du bâti traditionnel de l'autre, sont les enjeux auxquels doit faire face ce territoire pour continuer de concilier patrimoine et activité professionnelle, afin de ne pas perdre son identité.
Il appartiendra donc aux démonstrations locales d’essayer de concilier au mieux ces deux objectifs fondamentaux.
Toutefois, et à plus court terme, la réalisation d’un guide pratique à l’usage des propriétaires nous paraît également important. Il aura pour but de caractériser d’un point de vue architectural les bâtiments caussenards ainsi que le “petit patrimoine” attenant (annexes, fours à pain, pigeonnier, etc), de préconiser des méthodes de restauration, de définir les principales mesures législatives en vigueur, de donner des exemples de reconversion réussies et d’éclairer les porteurs de projets publics ou privés sur les aides possibles.
4. Cadre normatif
Exposition des normes locales à respecter pour les démonstrations MéRITE.
4.1 Commentaire du cadre normatif.
Le cadre normatif est complexe dans la mesure où le territoire choisi est important tant d’un point de vue culturel que d’un point de vue environnemental. Les mesures à prendre en compte sont nombreuses et nécessitent une vigilance importante de la part des porteurs de projets pour lesquels il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans le dédale des procédures.
4.2 Références des normes et des règles, gérant les démonstrations (protection de l’environnement, transformation des bâtiments, utilisation du sol), sites web de repère de ces normes, brefs résumés.
L’utilisation du sol
Articles L. 111-1, L. 111-2, L. 142-11, L. 145-3 à L. 145-8, L. 421-2-1, R. 111-2 à R. 111-26, R. 123-1 à R. 123-14, R. 421-3 à R. 421-3-2, R. 422-2, annexe à l’article R. 126-1 du code de l’urbanisme
Décret n°2001-116 du 5 février 2001.
La protection de l’environnement
Article L. 314-1 à 342-1 du code de l’environnement (loi du 2 mai 1930 modifiée)
Articles 1 et 2 de la loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature
Loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l’environnement
Article 1 de la loi n° 83-630 du 12 juillet 1983 relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l’environnement
Loi n° 95-101 du 2 février 1995 relative aux renforcement de la protection de l’environnement
Articles L. 142-1 et L. 412-11 du code de l’urbanisme
Les transformations de bâtiments
Article L. 421-1 du code de l’urbanisme
Normes citées sur le site http://www.legifrance.gouv.fr
5. Cadre stratégique
Exposition des plans de développement locaux où encadrer les actions MéRITE.
5.1 Commentaire des plans locaux.
De nombreuses mesures existent déjà pour favoriser le développement économique du département tout en aidant à la préservation de son patrimoine. Cependant elles demeurent difficilement lisibles et leur mise en œuvre peu simple.

Le cordon littoral
5.2 Références des plans de développement, sites web de repère, bref résumé des objectifs et des outils d’application (économie, production, infrastructures, entreprise) (dimension selon besoin).
Le rôle de l’Etat
Ses priorités pour le département de la Lozère ont été clairement définies par une série de mesures qui sont : l’aménagement du territoire, la préservation du patrimoine et l’accompagnement du développement économique, le renforcement de la solidarité, l’adaptation de l’administration et son rapprochement des usagers.
Il est intéressant de constater que la mesure II allie préservation du patrimoine et développement économique. Cette mesure vise donc à favoriser un environnement propice à la création d’entreprises, et à mettre en place les dispositifs susceptibles d’accompagner les activités économiques par le soutien aux activités agricoles, forestières et touristiques et le soutien au développement du tertiaire. Pour cela l’Etat favorise l’installation des jeunes agriculteurs, le développement de la transformation des matières premières, la préservation de l’environnement, la production de qualité. Il entend créer un pôle départemental d’analyse économique et financière des projets de création et de développement des entreprises, développer la filière agro-alimentaire, développer la filière bois, développer la filière tourisme et conforter les pôles existants en améliorant la complémentarité entre les activités économiques et l’exploitation des pôles touristiques notamment en favorisant la coordination entre les propriétaires d’hébergements (hôtels, agriculteurs…) et les prestataires de loisirs ou les professionnels de la restauration, faciliter la création, la transmission ou la reprise d’entreprises artisanales, aider à l’émergence de l’économie solidaire, mettre en place des aides à la réhabilitation du patrimoine existant pour lui conserver ou lui conférer une valeur culturelle, poursuivre et amplifier les efforts en ce qui concerne la préservationdes patrimoines par une articulation entre patrimoines naturel et culturel local, développement économique et social en particulier avec l’application des directives concernant l’expérience pilote de gestion décentralisée du patrimoine.
Le rôle de la Région
En matière de développement économique, la Région a mis l’accent sur le soutien aux entreprises dans leurs actions de transformation et de commercialisation des productions régionales et sur l’aide aux exploitations agricoles orientées vers la diversification et la valorisation des productions élaborées dans le cadre de signes officiels de qualité.
L’agritourisme, la protection et la conservation du patrimoine rural sont inscrites dans la continuité de ces actions afin de favoriser l’ouverture de ces territoires et leur attrait culturel et économique. C’est donc une politique visant à faciliter un usage agricole et forestier permettant le maintien durable d’activités économiques tout en favorisant la protection des milieux sensibles du patrimoine historique de ces espaces qui est recherchée.
Au-delà, la politique régionale s’accompagne d’un dispositif d’intervention complété notamment par un volet “Développement rural” du programme européen Objectif 2. Par ailleurs, des aides dans les domaines du tourisme, de l’environnement et du patrimoine sont également proposées aux organismes publics tout comme aux structures privées. La connaissance, la protection, la conservation et la mise en valeur du patrimoine rural est l’un des objectifs du Contrat de Plan Etat-Région signé pour la période 2000-2006.
En collaboration avec l’Etat, la Région et l’Europe, le Conseil Général de la Lozère développe également un certain nombre de programmes d’aide aux domaines économique et patrimonial. Parmi ceux-ci nous trouvons, par exemple, des programmes du type “Habitat des jeunes agriculteurs”, destiné aux agriculteurs âgés de moins de 40 ans afin de faciliter leur installation ou leur maintien en les encourageant soit à construire soit à acquérir soit à rénover un logement dans un bâtiment ancien (le respect de l’architecture locale est alors exigée), “FIIA” ou “Fonds pour l’immobilier industriel et artisanal » dont le but est d’aider les projets immobiliers (création, modernisation, extension) qui concourent au maintien ou au développement durable des entreprises industrielles, artisanales ou de services liées aux activités économiques, ou “Développement du tourisme rural” qui permet aux privés et aux collectivités locales de bénéficier d’aide à la création et à la modernisation de l’hôtellerie et de l’hôtellerie de plein air et à la modernisation des restaurants.
